26/06/2010

La parité en question: enjeu de la nouvelle constitution

La semaine prochaine, l'assemblée de la constituante se positionnera sur le brûlant sujet de la parité.

Parmi les détracteurs, il y a ceux qui défendent les femmes et considère que c'est une injure à leurs compétences. Il y a aussi ceux qui ne souhaitent tout simplement pas voir plus de femmes au parlement. En ce qui me concerne, la parité qui m'a peut-être semblé à l'époque comme une mesure autoritaire m'apparaît de plus en plus clairement comme une mesure indispensable pour amener la société à une égalité de faits.

Que les femmes aient le droit de s'engager en politique (comme elles ont le droit de mener carrière ou de souhaiter se consacrer à l'éducation de leurs enfants) est une évolution significative de nos sociétés. Mais la résistance des habitudes est plus insidieuse. Il reste traditionnel que l'éducation des enfants, et surtout le temps nécessaire pour les éduquer soit par défaut assigné aux femmes. Ainsi, lorsqu'on propose à une femme de s'engager en politique, la réponse majoritaire est: "pourquoi pas", mais il faut que je vois si c'est compatible avec une charge de famille - ce tandis que la question identique posée à un homme n'induira pas toujours le même questionnement sur la compatibilité avec son rôle de parent.

De plus, je suis intimement persuadée que le fameux débat sur la compétence des femmes (pourquoi les pousser à s'investir si elles ont moins de compétences qu'un homme) vient en grande partie d'une vision stéréotypée des manières de développer des compétences. Les femmes ont parfois des parcours plus atypiques (interruptions de carrière, enfants...) qui peuvent limiter leur progression, mais leur parcours n'en est pas moins - et peut-être même plus - difficile que celui d'un homme. Etre mère de famille et mère active, de nos jours, c'est acquérir des compétences multiples, de la gestion du temps à la diplomatie en passant par la comptabilité, l'organisation d'évènements...

Enfin, comme je l'évoquais dans un article précédent, le but de la parité n'est pas de promouvoir l'"ambition" des femmes au détriment des hommes. Il est une méthode forte pour s'assurer que l'agenda politique se préoccupe des besoins réels des femmes dans la société.

Alors j'espère sincèrement que la constituante saura donner une réponse novatrice et progressiste à la question de la parité en politique.

 

28/09/2009

Grossesse militante... un grand commentaire qui méritait un billet

En référence à hommelibre et son doux billet http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2009/09/28/parite-p...

 

Je remets ici quelques pensées que m’inspire votre réaction, dont mes précédents commentaires.

Tout d’abord, je ne prends pas mal votre réaction car le but de mon blog est justement de discuter des enjeux autour de la féminité et de la maternité. Alors même si nous ne sommes pas d’accord, je vous reconnais la qualité d’être constructif dans vos commentaires et ainsi de permettre un vrai dialogue.

 

Sur la parité, je serai brève, car ca n’est pas l’objet de mon commentaire. Je vous laisse consulter si vous le souhaitez mes différents billets à ce sujet. En gros résumé, je soutiens la position d’une parité « temporaire » ayant pour but d’ouvrir les esprits. Car avoir le droit de faire les choses n’équivaut pas à avoir accès à ces mêmes choses, du fait des clichés de notre société.

 

Maintenant, sur ma supposée « grossesse militante »…

 

Sincèrement, je ne ressens pas ma grossesse comme militante, peut-être simplement comme assumée. Si votre remarque vient du fameux tee-shirt « Votez Maman » que je porte sur la plupart des stands, alors je vous dirai en premier lieu que ce tee-shirt est un cadeau de mon mari, qui m'a beaucoup touché car il montre son support à mon « double-investissement ». Mais je vous dirai surtout que ce tee-shirt a le mérite de permettre d'échanger avec humour sur un sujet politique et de société.

 

J’aime dialoguer avec les femmes et les hommes qui sont amusé(e)s et/ou ému(e)s par mon ventre.

Mais j’aime aussi dialoguer avec les femmes et les hommes qui ne comprennent pas la « visibilité » de mon action. Pourquoi ? Parce que, et je l’ai remarqué depuis le début, mon statut de candidate et de femme enceinte suscite de nombreuses interrogations qui – parfois – reflètent de véritables enjeux de notre société.

 

Comment concilier un engagement politique et une grossesse ?

 

Pourquoi une femme députée cotise-t-elle à l’assurance maternité mais n’a pas le droit au congé maternité ?

 

Pourquoi est-ce que les représentants d’une haute fonction cantonale (les députés, donc), n’ont pas accès aux crèches du canton ?

 

Et si on veut être plus polémique encore, pourquoi se scandalise-t-on si une femme s’ « absente » pour s’occuper de son enfant tandis qu’on acclamera un homme qui s’absente pour son congé militaire ?

 

Alors je trouve intéressant, et pas seulement pour moi, de refléter à travers mon blog ces échanges, parfois vains, mais souvent enrichissants.

 

Donc non, je ne pense pas que montrer ma maternité n’ « évacue de vrais débats d’idées ». Je pense qu’au contraire il permet de susciter l’intérêt et de donner envie aux gens de s’interroger sur certains défauts de notre société. Et vous remarquerez en lisant mon « alter-blog » http://economieverte.blog.tdg.ch que je ne recherche pas forcément la facilité thématique dans mes rédactions.

 

Je finirai sur une note plus sérieuse, mais qui vous montrera peut-être que ce choix n’a pas été fait au hasard et qu’il reflète un engagement personnel et associatif complet.

 

Je n'ai pas choisi de mener ces deux "missions" en parallèle. Cet enfant longuement désiré est arrivé quand on ne l’attendait plus. Il est arrivé, pour être plus précise, au moment ou j’ai décidé d’aligner ma vie avec mes convictions personnelles et de laisser de côté un job hyperactif et fortement rémunéré pour m’engager dans une voie « sociale », tant dans mon activité professionnelle que politique.

 

Que faire alors… cacher ma grossesse ? renoncer à mon investissement associatif et politique ?

 

Cacher sa grossesse, c’est un acte de non-respect pour soi-même en tant que femme, mais c’est également mettre en danger son enfant. Pour prendre un autre exemple connu de politique étrangère, Sarah Palin a caché sa grossesse jusqu'a 7 mois et demi alors qu'elle était gouverneur de l'Alaska. Or si vous regardez des photos d'elle jusqu’à la date de l’annonce, il est quasiment impossible de déceler qu’elle porte un enfant. J'ai fait moi-même cette expérience : une semaine après avoir quitté mon ancien emploi, ma grossesse a commence à se voir. Alors, ayant constate l'impact physique d'une cause psychologique, oui, j'assume pleinement ma grossesse!

 

Renoncer à mon investissement associatif et politique m'aurait semblé incohérent également, puisque c’est en me donnant le temps de réaliser les projets qui me tenait à cœur que je suis tombée enceinte.

 

Reste alors la troisième voie – celle que j’ai choisie – assumer pleinement mon rôle de future maman et de candidate au Grand Conseil. Et vous voulez que je vous dise quelque chose ? C’est sans doute la première fois de ma vie que ma vie personnelle est en ligne avec mon engagement, et c’est quelque chose qui me remplit de joie.