19/07/2011

Pour un air démocratique, Soudan, mon Soudan (c Souchon))

Le 09 Juillet 2011 est né un nouveau pays. Après une décennie de guerre, le Sud Soudan a déclaré son indépendance et est devenu le 193ème état de la planète. La France, les Etats-Unies et le Royaume-Uni l'ont déjà reconnu en tant que pays. Mais surtout, le gouvernement du Soudan qui avait freiné pendant des années son accession à l'indépendance a reconnu l'indépendance de son nouveau voisin avant même la cérémonie officielle.

Mais beaucoup reste à faire! Les deux pays ne se sont en effet toujours pas mis d'accord sur un ensemble de questions sensibles, dont les plus importantes concernent le tracé de la frontière et... le partage des revenus tirés du pétrole, le Sud détenant les gisements et le Nord les installations pétrolières. Espérons qu'à l'élan de joie provoqué par cette indépendance succèdera la stabilité politique nécessaire pour améliorer la vie des sud-soudanais.

Une plateforme de dons, Global Giving, recueille actuellement des dons pour aider les mères de la région d'Onura, qui sont encore nombreuses à mourir en couche. D'humeur généreuse? Suivez le lien http://bit.ly/npKbTo

 

Sources:
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/07/09/quelles-relations-entre-le-soudan-et-le-nouvel-etat-du-sud-soudan_1546677_3212.html
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/07/09/le-sud-soudan-proclame-son-independance_1546977_3212.html

 

 

24/09/2010

Retraites françaises à 62 ans, le cas des femmes

La France est encore en grève. Mais cette fois-ci, le motif de la grève est d'enjeu: accepte-t-on de retarder l'âge de départ en retraite de 2 ans pour aider au financement des retraites sur le long terme?

Après les discussions sur la pénibilité du travail a émergé une autre problématique, celle de la retraite des femmes. En effet, les femmes (en France comme en Suisse) sont pénalisées par la plupart des réformes de systèmes de retraite. La raison en est simple: les femmes ont souvent un parcours professionnel plus hiératique que les hommes, du fait - notamment - de leur maternité.

Ce qui me frappe dans ce débat est l'attitude d'Eric Woerth face aux questions qui lui sont posées sur ce thème. Voilà un homme qui essaie de redorer son blason après de nombreuses interrogations sur des éventuels problèmes de corruption, qui se targue dès qu'il le peut d'être un homme "éthique" et "droit", et qui ne prend absolument pas en compte les questions qui lui sont posées sur l'inégalité hommes-femmes face à la retraite.

Interrogé sur ce sujet à a télévision française hier soir, Eric Woerth a mis en avant le fait qu'une personne qui prend un congé parental conserve pendant cette période son droit à la retraite. Jusque là c'est vrai, et c'est déjà une avancée majeure. Mais le reste de son argumentaire était bien faible: "la plupart des femmes qui doivent attendre 65 ans pour toucher une retraite à taux plein ont volontairement quitté leur emploi". Ici, je m'interroge sur le mot "volontairement". Est-ce qu'une amie que j'interrogeais récemment, qui attendait une crèche depuis près de 2 ans, avait arrêté de travailler volontairement? Je ne pense pas. Est-ce que cette autre amie, hautement qualifiée, et qui cherchait un emploi avec un enfant en bas âge et n'essuyait que des rebuffades était volontairement sans emploi ? Je ne pense toujours pas.

Bien sûr, cela n'est pas l'objet d'une réforme des retraites de résoudre en un jour toutes les inégalités de la société. Mais il m'apparaît évident que pour faire passer une réforme de cette envergure - et notamment en France - il faut en tous cas que les politiciens restent ouverts au dialogue sur les problématiques fondamentales que soulèvent cette réforme.

 

01/10/2009

La parité... pourquoi au fait??

La parité semble de nos jours un sujet de polémique "à la mode" dans le petit monde des blogs.

Mais ce qui me frappe dans les discussions à ce sujet est la demande de la parité est interprétée comme un combat hommes-femmes (donc candidats-candidates) et non comme un vrai débat de société.

Quelqu'un s'est-il posé la question récemment: au fait, pourquoi veut-on la parité? Réduire cette demande à une résurgence de la lutte féministe des années 70 serait ne pas comprendre ce phénomène dans sa globalité.

Si l'on en croit un récent rapport de l'UNICEF(1), souhaiter une meilleure représentation des femmes en politique, c'est aussi:

- s'assurer que "les organes législatifs soient plus sensibles aux préoccupations des femmes et des enfants"
- faire en sorte que "la participation des femmes à la vie politique locale ait des répercussions plus immédiates et plus directes sur les conditions de vie des femmes et des enfants "
et de manière plus surprenante encore
- de consolider les processus de paix ! Il apparaît de plus en plus clairement que la contribution des femmes est essentielle tant au succès à long terme des processus de paix qu’à la stabilité d’un pays au lendemain d’un conflit. Des études de cas permettent en effet de penser que les accords de paix, la reconstruction au lendemain des conflits et le rétablissement de l’administration ont de meilleures chances d’aboutir quand les femmes sont engagées dans ces activités, en partie parce qu’elles abordent le problème de la sécurité de manière plus globale et s’emploient à résoudre les principaux problèmes sociaux et économiques qui, sans elles, seraient négligés.

De nombreux exemples étayent ces constatations, et je vous livre un de mes préférés, en tant que "Verte":

En Inde, depuis 1998, un tiers des postes à responsabilité des conseils villageois est réservé aux femmes. Un grand travail de recherche sur l’impact de cette politique a permis d’enquêter dans 165 conseils villageois de l’État du Bengale Occidental. Cette étude a révélé que le niveau de financement des biens publics – y compris l’entretien des routes, les visites des agents de santé et les investissements dans les équipements d’approvisionnement en eau – était nettement supérieur dans les villages qui avaient adopté des politiques actives de réserve que dans ceux où il n’y avait pas de quotas.

Alors, messieurs, si vous souhaitez ne plus entendre parler de parité pendant quelques temps, je n'aurais qu'un conseil à vous donner (pour ceux qui ne le font pas déjà): proposez au peuple genevois de solutions durables qui englobent tous les acteurs de la société de manière égalitaire ; prenez en considération l'impact sur les femmes des mesures politiques qui sont prises ; proposer à tous de vivre dans une société plus solidaire...

(1) http://www.unicef.org/french/sowc07/profiles/inequality_p...