04/10/2009

Une crèche pour le Grand Conseil?

Dans le domaine des prestations sociales, Genève est parfois à la traîne.
C'est notamment le cas pour la conciliation de la vie politique et familiale pour les député(e)s au Grand Conseil.

Et au Grand Conseil... de Neuchâtel, çà se passe comment?
Signe de l'évolution de la société et de la volonté de mieux concilier les exigences de la vie privée et de l'engagement professionnel, un partenariat public-privé entre l'Etat de Neuchâtel, la Banque Cantonale et une entreprise locale a permis de financer l'ouverture d'une crêche à Neuchâtel. Celle-ci possède une capacité suffisante pour les besoins du personnel des entités créatrices et est de plus ouverte aux parents assumant un mandat au Grand Conseil, durant les sessions de celui-ci.

Car la deuxième différence notable entre l'organisation du Grand Conseil à Genève et Neuchâtel concerne les horaires des sessions. A Neuchâtel toutes les séances, y compris les séances de groupe, ont lieu pendant la journée et chaque commission choisit son jour de séance. Cette répartition des horaires est plus pratique pour les parents sans pour autant pénaliser les députés qui exercent une activité salariée.

A Genève, rien de nouveau sous le soleil?
A Genève, a-t-on une chance que de telles initiatives voient le jour? Concernant les horaires, un projet de loi a été déposé en ce sens et renvoyé à la commission des droits politiques.

Alors, il faudra s'atteler à ce que l'Etat - seul ou dans le cadre d'un partenariat public-privé - crée l'impulsion nécessaire qui permettra que les représentants d’une haute fonction cantonale (les député(e)s, donc) aient accès en tant que parent à une crêche et puissent ainsi mieux conjuguer leur vie personnelle et leur engagement politique.

02/10/2009

Comment obtenir un congé paternité... pour les papas qui le souhaitent !

Le rôle de papa
Je l'ai dit au préalable, le combat pour l'égalité signifie également donner aux hommes des droits comparables à ceux des femmes. Ainsi, ceux qui dans des commentaires ont signalé que selon eux, une différence génétique ne doit donner lieu à aucun droit ou devoir supplémentaire devraient s'étonner que les hommes qui travaillent n'aient pas la possibilité matérielle de passer du temps auprès de leur enfant !!

Comme le dit un édito: "Et si on positivait dans cette guéguerre des sexes? Et si la nouvelle priorité des femmes devenait la cause des pères, pour qu'enfin la société change en profondeur et que le fait de s'occuper de son enfant dès la naissance devienne la règle pour les hommes aussi?"

Parmi les mesures manquantes - mais aussi celles qui fâchent - le fameux congé paternité.

Quelles mesures législatives?
Le gros problème est que toutes les mesures pour tenter de mettre en oeuvre un congé paternité même modeste échouent: Ainsi, au niveau du conseil national, le projet de motion qui demandait l'introduction d'un congé parental de deux semaines ou encore un projet d'Antonio Hodgers qui demandait simplement que soit créée une base légale pour permettre aux cantons qui le veulent de créer un congé paternité.

Parfois, c'est l'argument économique qui est mis en avant: comment "ajouter" deux semaines de congé à un jeune papa? Sur cet aspect, je dirai simplement la chose suivante: c'est parfois un faux argument puisque je connais des hommes qui ont souhaité soit rallonger leurs vacances avec un sans-solde pour mieux vivre leur paternité soit utiliser simplement leur solde de vacances - et dans ces deux cas spécifiques, la mesure a été refusée.

Ainsi, c'est bien un problème culturel plus profond: on ne considère pas qu'un homme ait "besoin" de passer du temps avec son enfant. Et c'est dramatique! Si on refuse à un homme ce lien unique qui peut se créer lors des premières semaines de l'enfant, comment s'étonner que dans la suite de sa vie de parent, il reste bien souvent "plus à l'écart" que la mère ?

"Faites l'amour, pas la guerre !"
Mais la proposition la plus originale - issue de quatre parlementaires romands de différents partis - est de loin celle-ci: les cours de répétition militaires devraient être remplacés par un congé payé à la maison en cas de naissance!

Bien sûr, cette mesure est imparfaite et même provocatrice. Ainsi, les travailleurs étrangers n'auraient droit à rien. Mais elle a le mérite de revenir sur cette notion que j'avancais il y a quelques temps sur ce même blog: pourquoi ne pas voir la parenté comme un service rendu à a communauté et considérer de manière identique les congés pris pour l'une ou l'autre raison?


paternite_1.jpgVous voulez en savoir plus sur les propositions de Antonio Hodgers, Hughes Hiltpold, Luc Barthassat et Roger Nordmann? C'est par ici

01/10/2009

La parité... pourquoi au fait??

La parité semble de nos jours un sujet de polémique "à la mode" dans le petit monde des blogs.

Mais ce qui me frappe dans les discussions à ce sujet est la demande de la parité est interprétée comme un combat hommes-femmes (donc candidats-candidates) et non comme un vrai débat de société.

Quelqu'un s'est-il posé la question récemment: au fait, pourquoi veut-on la parité? Réduire cette demande à une résurgence de la lutte féministe des années 70 serait ne pas comprendre ce phénomène dans sa globalité.

Si l'on en croit un récent rapport de l'UNICEF(1), souhaiter une meilleure représentation des femmes en politique, c'est aussi:

- s'assurer que "les organes législatifs soient plus sensibles aux préoccupations des femmes et des enfants"
- faire en sorte que "la participation des femmes à la vie politique locale ait des répercussions plus immédiates et plus directes sur les conditions de vie des femmes et des enfants "
et de manière plus surprenante encore
- de consolider les processus de paix ! Il apparaît de plus en plus clairement que la contribution des femmes est essentielle tant au succès à long terme des processus de paix qu’à la stabilité d’un pays au lendemain d’un conflit. Des études de cas permettent en effet de penser que les accords de paix, la reconstruction au lendemain des conflits et le rétablissement de l’administration ont de meilleures chances d’aboutir quand les femmes sont engagées dans ces activités, en partie parce qu’elles abordent le problème de la sécurité de manière plus globale et s’emploient à résoudre les principaux problèmes sociaux et économiques qui, sans elles, seraient négligés.

De nombreux exemples étayent ces constatations, et je vous livre un de mes préférés, en tant que "Verte":

En Inde, depuis 1998, un tiers des postes à responsabilité des conseils villageois est réservé aux femmes. Un grand travail de recherche sur l’impact de cette politique a permis d’enquêter dans 165 conseils villageois de l’État du Bengale Occidental. Cette étude a révélé que le niveau de financement des biens publics – y compris l’entretien des routes, les visites des agents de santé et les investissements dans les équipements d’approvisionnement en eau – était nettement supérieur dans les villages qui avaient adopté des politiques actives de réserve que dans ceux où il n’y avait pas de quotas.

Alors, messieurs, si vous souhaitez ne plus entendre parler de parité pendant quelques temps, je n'aurais qu'un conseil à vous donner (pour ceux qui ne le font pas déjà): proposez au peuple genevois de solutions durables qui englobent tous les acteurs de la société de manière égalitaire ; prenez en considération l'impact sur les femmes des mesures politiques qui sont prises ; proposer à tous de vivre dans une société plus solidaire...

(1) http://www.unicef.org/french/sowc07/profiles/inequality_p...