19/07/2010

Quel rôle pour les papas dans l'éducation des enfants?

Selon un sondage réalisé par l’institut TNS Sofres sur la place des pères dans l’éducation de leurs enfants en 2010, plus de 90 % de Français pensent que les tâches auprès des enfants reviennent aussi bien au père qu’à la mère, que ce soit les tâches d'hygiène ou que l'on parle du rôle éducatif. Ainsi, les français se montrent progressistes et n'estiment plus indispensable de respecter la répartition traditionnelle des rôles.

Il est cependant frappant de constater qu'une grande part des hommes français (et notamment les hommes âgés) jugent qu’il est plus difficile d’être père aujourd’hui qu’il y a trente ans, tandis que les femmes considèrent que la difficulté du rôle est resté inchangé. Est-ce à dire que les hommes en s'impliquant plus dans l'éducation des enfants se rendent compte de la difficulté de la tâche?

Toutefois, il existe encore un écart important entre la théorie et la pratique puis si plus des deux tiers des Français jugent que hommes et femmes doivent partager leurs rôles, dans la réalité, ce sont les femmes qui assurent la majeure part des tâches d’éducation.

A quand la même étude en Suisse??

PS: si vous avez envie de voir les résultats complets: http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/8054A08E699D43D38...

26/06/2010

La parité en question: enjeu de la nouvelle constitution

La semaine prochaine, l'assemblée de la constituante se positionnera sur le brûlant sujet de la parité.

Parmi les détracteurs, il y a ceux qui défendent les femmes et considère que c'est une injure à leurs compétences. Il y a aussi ceux qui ne souhaitent tout simplement pas voir plus de femmes au parlement. En ce qui me concerne, la parité qui m'a peut-être semblé à l'époque comme une mesure autoritaire m'apparaît de plus en plus clairement comme une mesure indispensable pour amener la société à une égalité de faits.

Que les femmes aient le droit de s'engager en politique (comme elles ont le droit de mener carrière ou de souhaiter se consacrer à l'éducation de leurs enfants) est une évolution significative de nos sociétés. Mais la résistance des habitudes est plus insidieuse. Il reste traditionnel que l'éducation des enfants, et surtout le temps nécessaire pour les éduquer soit par défaut assigné aux femmes. Ainsi, lorsqu'on propose à une femme de s'engager en politique, la réponse majoritaire est: "pourquoi pas", mais il faut que je vois si c'est compatible avec une charge de famille - ce tandis que la question identique posée à un homme n'induira pas toujours le même questionnement sur la compatibilité avec son rôle de parent.

De plus, je suis intimement persuadée que le fameux débat sur la compétence des femmes (pourquoi les pousser à s'investir si elles ont moins de compétences qu'un homme) vient en grande partie d'une vision stéréotypée des manières de développer des compétences. Les femmes ont parfois des parcours plus atypiques (interruptions de carrière, enfants...) qui peuvent limiter leur progression, mais leur parcours n'en est pas moins - et peut-être même plus - difficile que celui d'un homme. Etre mère de famille et mère active, de nos jours, c'est acquérir des compétences multiples, de la gestion du temps à la diplomatie en passant par la comptabilité, l'organisation d'évènements...

Enfin, comme je l'évoquais dans un article précédent, le but de la parité n'est pas de promouvoir l'"ambition" des femmes au détriment des hommes. Il est une méthode forte pour s'assurer que l'agenda politique se préoccupe des besoins réels des femmes dans la société.

Alors j'espère sincèrement que la constituante saura donner une réponse novatrice et progressiste à la question de la parité en politique.

 

12/06/2010

Un congé paternité, pour plus d'égalité?

A quand le congé paternité de plusieurs jours pour les papas suisses romands? Une question toujours sans réponse, malgré les nombreux avantages pour le papa... et pour la maman!

Au cours des dernières décennies, les femmes se sont battues pour obtenir des droits égaux aux hommes au sein de la société. Si des disparités existent encore - notamment en termes d’égalité salariale - les femmes peuvent désormais accéder à la plupart des professions, et disposent donc d’une plus grande diversité de choix professionnels et personnels.

Mais cette égalité des chances ne va malheureusement pas de pair avec une égalité au sein de la cellule familiale. Les femmes étant généralement plus investies que les hommes dans les tâches domestiques et dans l’éducation des enfants, mener en parallèle une carrière et une vie de famille peut s’avérer un vrai parcours du combattant.

En Suisse où l’organisation de la famille reste traditionnelle, de nombreux parents souhaitent l’instauration d’un congé paternité, qui permette au jeune papa de s’impliquer dans son rôle de parent dès les premiers instants.

Intégrer le papa à part entière dans la famille

Le retour à la maison avec le bébé, la découverte de ses besoins et de son rythme spécifique et le début de la vie de famille sont autant de moments forts qui posent les bases de la construction de l’attachement entre les parents et leur enfant. Le papa est trop souvent exclu de ces premiers instants, puisqu’il dispose dans la majorité des cas de deux jours pour la naissance de son enfant.

Selon Alain Nicoelt, du Mouvement de la condition paternelle à Fribourg, des mesures permettraient d’offrir plus d’opportunités pour les hommes de s’occuper de leur enfant : « la possibilité de travail à temps partiel pour les hommes devrait être développée davantage et bien d'autres évolutions devraient être entreprises en Suisse. Le congé paternité est un élément important et constitue un début».

En quoi cela concerne les mamans ?

En impliquant les hommes dans la vie familiale, on offre aussi aux femmes la possibilité de vivre ses premiers instants de manière plus sereine : elles peuvent partager cette nouvelle expérience avec leur conjoint et être soutenues dans ces moments forts. Elles ne sont plus forcément les seules à s’occuper de l’enfant dès son plus jeune âge.

Proposer un congé paternité, c’est commencer de construire un nouveau modèle où chaque parent a la possibilité de s’impliquer à sa manière dans l’éducation de son enfant. C’est recréer plus d’égalité au sein de la cellule familiale.

A quand un congé paternité ?

Au niveau national, toutes les propositions de loi allant dans le sens de l’introduction d’un congé paternité ont pour l’instant été refusées, parfois pour une courte majorité.

Certains cantons souhaitent faire avancer le débat et répondre aux attentes des nouveaux parents e n instaurant la mesure au niveau cantonal, mais ils n’ont actuellement pas la liberté de le faire. A Genève, une résolution a récemment obtenu un large soutien des socialistes, des verts, du PDC et des radicaux : elle demandait à Berne d’autoriser les cantons à financer le congé paternité avec les réserves cantonales qui ne sont plus utilisées depuis le remplacement par le financement fédéral du congé maternité.

 

Des compagnies s’engagent elles aussi en faveur des papas en proposant des congés paternités de une à quatre semaines, sans attendre le résultat des tractations politiques. C’est le cas de Migros, des CFF ou encore de Swiss Re, qui offre dix jours aux jeunes papas depuis 1999 déjà.

 

Nous avons interrogé Antonio Hodgers à ce sujet. Conseil National, Antonio s’est investi sur le sujet du congé paternité, en déposant en 2009 une initiative parlementaire à ce sujet puis en s’associant à d’autres parlementaires pour déposer une motion provocatrice visant à remplacer les cours de répétition militaires par un congé pour la naissance d’un enfant. Il nous résume son opinion par ces mots : « Une naissance c’est aussi l’affaire des papas ». En tant que patron d’une entreprise lui-même, il applique ses propres principes en proposant à ses employés dix jours de congés supplémentaires lors de la naissance de leur enfant.

Une étape pour le futur

Selon l’opinion de tous ses défenseurs, le congé paternité est un premier pas vers des mesures plus égalitaires. La prochaine étape pourrait être d’instaurer un congé parental partageable entre le papa & la maman, comme c’est le cas notamment en Suède, afin d’offrir aux couples la possibilité de choisir l’équilibre qui leur convient entre l’investissement auprès de leur enfant et leur engagement professionnel.

Défendre une politique familiale complète et innovante, qui inclue notamment des congés pour les papas et la suffisance de places de crèche ou encore qui prévoit la possibilité d’horaires aménagés pour les femmes, ce sera également peut-être l’occasion de donner envie aux suissesses de se lancer plus souvent dans la grande aventure de la maternité.

Moi dans tout cela ?

Vous vous demandez peut-être pourquoi le congé paternité est si cher à mes yeux ? Maman d’un petit bout de cinq mois à peine, j’ai découvert avec joie et aussi un peu d’appréhension mon nouveau rôle de jeune maman. Mon mari a eu la chance de passer deux semaines avec nous : il a partagé avec moi les doutes mais aussi les instants de bonheur ; nous avons appris ensemble les premières étapes de la vie. Je ne me serais pas imaginé vivre le début de ma maternité sans son soutien, et il serait pour moi encore plus inconcevable maintenant de ne pas continuer à l’impliquer dans la vie de son petit. Peut-être est-ce que je me trompe, mais je ne suis pas sûre que cela ait été la même chose si nous n’avions pas vécu ces deux semaines côte à côte…

Article publié dans le numéro 2 (Mai-Octobre 2010) de Babybook. Pour plus d'informations: www.babybook.ch

04/05/2010

Un travail à temps partiel

Il est très difficile, parfois impossible, de trouver un travail à temps partiel qui soit malgré tout intéressant.

 

Parmi les hypothèses souvent faites par les employeurs à ce propos est le fait qu’une personne qui travaille à temps partiel sera moins impliquée dans son travail. De part mon expérience personnelle et professionnelle, je pense sincèrement que c’est très souvent l’inverse. Une personne qui gagne en flexibilité pour s’investir dans d’autres activités (maternage, formations, autres…) sera reconnaissante envers son employeur et plus encline à s’investir intensément. A titre d’exemple, toutes les personnes que je connais qui travaillent à 80% font quasiment le même nombre d’heures, mais ont une journée entière à consacrer à d’autres activités. Pour parler vulgairement, c’est « tout benef » pour l’employeur qui a un employé motivé, sérieux… qu’il paie moins cher.

 

Il est certain par contre qu’il peut s’avérer plus compliqué administrativement de gérer une personne travaillant à temps partiel. Mais pas forcément plus que de gérer les absences pour congé ou armée pour parler des cas les plus pratiques.

 

Un autre gros avantage du temps partiel est que cela introduit une foule de nouvelles opportunités en termes de temps partagé. En tant que créatrice d’entreprise, je peux difficilement payer un comptable ou un marketer à temps plein, mais si je pouvais employer quelqu’un à 20 ou 30%, quitte à le « partager » avec une autre entreprise dans le même besoin, alors je serais en mesure de développer plus vite et plus efficacement mon entreprise au lieu de devoir me résoudre à faire toutes ses opérations moi-même parce que je ne trouve pas les ressources qualifiées sur le marché du travail avec ces temps de travail.

 

Je pense en particulier que de nombreuses femmes très qualifiées hésitent à reprendre un emploi à 100% après leur premier ou leur deuxième enfant et se retrouvent à prendre un emploi à temps partiel pour lequel elles sont sur-qualifiées. Et je pense que c’est ce qui amène les femmes qui se battent pour l’égalité salariale à penser qu’il est impossible  de souhaiter poursuivre une carrière en réduisant son taux d’activité (voir notamment l’article des quotidiennes : http://www.lesquotidiennes.com/travail/un-taux-dactivit%C3%A9-inf%C3%A9rieur-%C3%A0-80-r%C3%A9duit-%C3%A9norm%C3%A9ment-les-chances-d%C3%A9volution-dune-carri%C3%A8re.html )

 

Si le taux d’activité est inférieur à 80% mais reste un emploi à responsabilité, qualifié et même entrepreneurial, alors les employeurs ont tout intérêt à considérer ces femmes comme des personnes compétentes, disponibles et flexibles, donc comme des recrues de qualité.

 

Qu’en pensez-vous ??

03/05/2010

Et alors, tu fais quoi dans la vie ?

A chaque dîner de famille, j’ai généralement droit à la question traditionnelle : « et alors, tu fais quoi dans la vie ? » Me vient alors un doute existentielle récurrent : c’est vrai, çà, qu’est-ce que je fais dans la vie ??

Les gens ont généralement une vision normée de ce que doit être un travail et de la place que ce travail doit prendre dans notre vie. On identifie souvent nos connaissances par rapport à leur activité professionnelle : lui, il est informaticien, elle secrétaire.

Mais alors qu’en est-il des personnes qui changent d’activité professionnelle au cours de leur vie ? Il devient de plus en plus fréquent que par choix ou parfois par obligation, on se réoriente. A ce moment là, le « label » que vos amis vous avaient attribué ne fonctionne plus, et cela peut être perturbant.

Est-ce qu’au final, on ne devrait pas s’intéresser aux gens pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’ils font?