04/04/2011

Déclaration de bonne intention pour les entreprises?

Le site Career Women (http://www.career-women.ch/) propose une liste des entreprises et organisations favorables aux femmes (http://www.career-women.ch/page/entreprise.asp)

Contrairement à des mécanismes de certification (ex: http://www.equalsalary.org/), les entreprises et organisations qui implémentent des mesures favorables aux femmes et à la conciliation vie familiale/vie professionnelle peuvent faire une auto-déclaration de leurs bonnes intentions. Ce processus qui peut paraître contestable, puisqu'il n'implique pas de contrôle, m'apparaît malgré tout comme un bon début. En effet, il démontre la volonté de l'organisation/de l'entreprise d'avoir une démarche "différente" à l'égard des femmes ou d'intégrer la composante personnelle de leurs collaborateurs/collaboratrices dans l'organisation globale de l'entreprise.

Un autre point intéressant est de voir les critères mis à disposition. En effet, si certaines mesures représente une réelle innovation, d'autres correspondent selon moi à... la manière dont des ressources humaines modernes devraient fonctionner. Ainsi:

"Prise en compte des attentes personnelles des collaboratrices" (et collaborateurs!)
"Offres d'emploi systématiquement rédigées au masculin-féminin (ex. ingénieur-e)"

m'apparaissent comme des mesures nécessaires. Même au niveau des mécanismes plus spécifiques de gestion du temps:

"Possibilité de travail à la maison en cas de maladie ou défaut de garde d'enfants"

me semble être une simple conséquence du manque d'infrastructures. Si vous avez à votre disposition des services tels que le Chaperon Rouge, vous pouvez vous permettre - si vous le souhaitez - d'aller travailler toute la journée si votre petit est malade. En l'absence de ces services, c'est à l'entreprise d'accomoder la situation de manière à ce qu'un maximum de travail soit fait malgré la contrainte familiale.

Je vous invite à consulter la page career-women (http://www.career-women.ch/page/entreprise.asp) et à faire le cas échéant vos commentaires sur votre perception des entreprises citées et de leur engagement.

Aurore (aurore@yoursoftweb.com)

31/03/2011

Interview de Babette Keller: maman et cheffe d'entreprise

Dans le cadre d'une étude réalisée sur les mamans actives fin 2010, j'ai interviewé Babette Keller sur sa manière à elle d'être femme, maman et... cheffe d'entreprise.

Elle nous livre ses trucs à elle et surtout sa manière de concevoir la conciliation vie professionnelle et vie familiale

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24/09/2010

Retraites françaises à 62 ans, le cas des femmes

La France est encore en grève. Mais cette fois-ci, le motif de la grève est d'enjeu: accepte-t-on de retarder l'âge de départ en retraite de 2 ans pour aider au financement des retraites sur le long terme?

Après les discussions sur la pénibilité du travail a émergé une autre problématique, celle de la retraite des femmes. En effet, les femmes (en France comme en Suisse) sont pénalisées par la plupart des réformes de systèmes de retraite. La raison en est simple: les femmes ont souvent un parcours professionnel plus hiératique que les hommes, du fait - notamment - de leur maternité.

Ce qui me frappe dans ce débat est l'attitude d'Eric Woerth face aux questions qui lui sont posées sur ce thème. Voilà un homme qui essaie de redorer son blason après de nombreuses interrogations sur des éventuels problèmes de corruption, qui se targue dès qu'il le peut d'être un homme "éthique" et "droit", et qui ne prend absolument pas en compte les questions qui lui sont posées sur l'inégalité hommes-femmes face à la retraite.

Interrogé sur ce sujet à a télévision française hier soir, Eric Woerth a mis en avant le fait qu'une personne qui prend un congé parental conserve pendant cette période son droit à la retraite. Jusque là c'est vrai, et c'est déjà une avancée majeure. Mais le reste de son argumentaire était bien faible: "la plupart des femmes qui doivent attendre 65 ans pour toucher une retraite à taux plein ont volontairement quitté leur emploi". Ici, je m'interroge sur le mot "volontairement". Est-ce qu'une amie que j'interrogeais récemment, qui attendait une crèche depuis près de 2 ans, avait arrêté de travailler volontairement? Je ne pense pas. Est-ce que cette autre amie, hautement qualifiée, et qui cherchait un emploi avec un enfant en bas âge et n'essuyait que des rebuffades était volontairement sans emploi ? Je ne pense toujours pas.

Bien sûr, cela n'est pas l'objet d'une réforme des retraites de résoudre en un jour toutes les inégalités de la société. Mais il m'apparaît évident que pour faire passer une réforme de cette envergure - et notamment en France - il faut en tous cas que les politiciens restent ouverts au dialogue sur les problématiques fondamentales que soulèvent cette réforme.

 

14/09/2010

Test Echomag: les pensées d’une testeuse

 

Lorsque le rédacteur d’Echomag a fait un appel à candidatures pour un test comparatif de temps de trajets en ville de Genève, j’ai tout de suite voulu y participer. Je suis verte (ce qui signifie que je vote vert, pas que je n’ai pas eu le temps de bronzer cet été - quoique...) et je voulais aider à montrer que les transports publics, ou d’autres options écologiques pouvaient être compétitives en termes de temps de transport. J’ai donc voulu corser la chose et montrer que sur un trajet bien desservi, prendre le tram - avec qui plus est une poussette - était plus rapide que la voiture.

Ok, je vais être honnête avec vous, depuis chez moi, je ne prends pas toujours les transports publics. Déjà parce que depuis mon petit village de la campagne genevoise (L’avenir, 30 âmes à tout casser), il me faut marcher 1 km pour atteindre les premiers transports publics. Et avec le barda dont j’ai besoin pour amener le bébé chez la nounou (poussette, lit bébé, changes...), 1 km, c’est beaucoup.

L’option voiture à laquelle je me résouds parfois n’est pas non plus idéale. C’est totalement empirique de dire celà, mais j’ai l’impression que les trajets durent de plus en plus longtemps. Pour aller en ville, je passe de plus devant les Communaux d’Ambilly, alors je me dis que si le problème de la mobilité par rapport aux nouveaux habitants n’est pas pris en compte sérieusement dans cette zone (par l’augmentation des fréquences de bus ou - on peut toujours rêver - l’extension du tram de Moillesullaz) les choses ne vont pas aller en s’améliorant. Fût un temps, j’utilisais ce moment pour écouter des livres audio sur mon autoradio, mais avec un bébé à bord, c’est un moment franchement pénible. Je ne vois pas mon bébé à l’arrière de la voiture: si je passe 40 minutes dans les bouchons, nous ne passons pas ce temps ensemble. Pour peu qu’il ait un problème (faim, soif...), çà devient une galère pour lui comme pour moi.

J’ai essayé aussi le vélo (électrique, parce qu’avec le bébé à l’arrière, moi, perso, les 20 kms aller-retour, je ne les fais pas). Une excellente solution sur plein d’aspects. Par contre, certaines portions de route que je dois emprunter sont très mal protégées, et je tremble de ce qui arriverait si une des voitures qui n’a pas respecté le mètre de distance latérale se loupe un de ces jours.

Un compromis pour moi, donc: prendre le vélo électrique jusqu’au tram, et prendre le tram. Pas 100% (pas de zone sécurisée pour stocker le vélo électrique et la carriole + il faut toujours gérer le barda à porter dans le tram), mais c’est encore ce qui paraît le plus rationnel.

Oui, mais voilà, je le fais, ce test, et avec mon tram et ma poussette, j’arrive dernière. Sur une bonne ligne. Et là, franchement, je suis frustrée. Parce que çà n’est pas le but. Si on est écolo et qu’on fait des efforts pour trouver les solutions les plus rationnelles en termes d’efficience énergétique, on aimerait en tous cas que le temps de transport soit correct.

Alors voila, si j’avais une baguette magique, je voudrais que le tram gagne suffisamment en efficacité pour que lors du prochain test, il arrive glorieusement devant la voiture. Avec ou sans ma poussette.

13/09/2010

Des hommes à temps partiel

En faisant récemment des recherches pour un article sur la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle (à paraître dans le prochain babybook), je me suis rendu compte qu’il était beaucoup plus facile d’interviewer des femmes sur ce sujet, que des hommes. Déjà parce que par rapport aux femmes qui passent toutes (disons à une immense majorité) par une période d’interrogation sur l’aménagement de leur temps après avoir eu des enfants, moins d’hommes s’interrogent sur cette question. Parce que çà n’est pas dans la culture ambiante (pour être caricaturale, l’opinion dominante est : un homme « doit » travailler à 100% et faire vivre la famille). Parce qu’ils se sentent parfois moins impliqués dans la vie de famille, que ce soit dans les tâches ménagères ou plus tard dans l’éducation de leurs enfants.

 

Mais aussi parce que les hommes qui ont fait un choix au niveau de l’aménagement de leur temps de travail ne souhaitent pas forcément en parler. En effet, représentant encore une minorité, ils ont peur d’être montrés du doigt par rapport à leur choix de vie.

« C’est mal considéré pour un homme », « Cà ne fait pas partie de la norme ».

 

SI je comprends parfaitement cette peur, j’espère à titre personnel que plus d’hommes auront envie d’assumer leurs envies de parler de leur implication dans leur vie de famille et de la manière dont ils choisissent parfois de créer des compromis avec leur vie professionnelle. Parce que cela peut inspirer d’autres hommes et leur montrer que des modes de vie moins stéréotypés sont possibles. Parce que ce sera une manière de faire évoluer les mentalités et de changer la « norme » masculine en entreprise.

 

PS désormais habituel pour mes posts : si vous vous reconnaissez dans ma description, n’hésitez pas à m’écrire en direct pour en parler

 

A lire, un article intéressant sur le sujet :

http://www.tsr.ch/info/suisse/2284319-temps-partiel-un-droit-mal-connu-des-hommes.html