26/02/2010

Une mère parfaite?


De tous temps, les femmes ont ete comparees a un modele.

Fut un temps, le  modele dominant etait indeniablement celui de la femme au foyer, veritable stakhanoviste des taches domestiques, epouse attentive et mere omnipresente.

Puis vint 1968 et la "libération" de la femme. Depuis ce jour, plusieurs modèles d'identification ont coexistés, offrant théoriquement une gamme complète de possibilités, de la femme au foyer a la business woman en passant par tous les dégradés.

Mais tous ces modèles ont en tous cas un point commun: on pourrait tous les intituler "wonderwoman".
Pour les femmes (et pas seulement pour les femmes d'ailleurs), mener à bien leur existence, en jonglant entre leurs différentes missions, est un véritable casse-tête.

Pour parler de ce que je connais (déjà) assez bien: avoir un très jeune bébé et mener une carrière et une présence associative est extrêmement délicat. On doit se remettre en cause à chaque étape, en évaluant à chaque instant ce qui est bien pour l'enfant, et les sacrifices qui sont acceptables.

Et surtout, quelque soit l'équilibre fragile que la famille aura trouvé, il se trouvera toujours quelqu'un pour critiquer ces options: pas assez ou trop de temps pour l'enfant, une éducation plus ou moins rigoureuse... toutes les options seront soumises à un crible rigoureux.
Alors si je ne devais retenir qu'une chose, ce sera la suivante: n'essayez pas d'être une mère (/une femme) parfaite, soyez la mère (la femme) que vous pouvez être. Faites ce que votre coeur vous dit et ce que votre enfant vous suggère, à sa manière.
 

30/01/2010

Couches lavables et développement durable... Une belle initiative étudiante

Créer des objets écologiques est une chose, mais les faire rentrer dans les moeurs du grand public en est parfois une autre.

Il y a quelques temps, j'ai été contactée par la RSR pour m'exprimer sur des couches mi-lavables et mi-jetables. Il faut savoir que l'usage de couches jetables pendant les premières années d'un enfant représente une somme conséquente et est un désastre en termes écologiques. C'est jusqu'à 10 petits bouts de plastique sales que vous mettez dans votre poubelle tous les jours... Alors multipliez ca par 365 jours sur 2 à 3 ans... Alors forcément, en tant que verte et jeune maman, il a fallu que je m'intéresse aux alternatives.

A Genève, la boutique "l'envie de fraises" est pionnière dans ce domaine. En plus d'être la première à proposer différents modèles de couches lavables, sa propriétaire est charmante et d'excellent conseil. Oui, mais voila, à l'usage, ces petites choses ne fonctionnent pas toujours à 100%. Si vous vous etes retrouves ne serait-ce qu'une fois avec une couche lavable fuyante lors d'une excursion en ville, vous envisagez le retour aux bonnes vieilles methodes ou en tous cas un panachage. Difficile parfois de faire un compromis entre l'écologie et le pratique. Alors si de nouveaux produits peuvent permettre de finir de résoudre les derniers détails techniques, c'est une excellente idée.

A St-Imier, un groupe de jeunes apprentis s'est penché sur la question et cherche de nouvelles méthodes pour rendre ces produits grand public:

"Nous désirons à travers notre projet, démontrer que l'usage des couches culottes lavables est plus économique et écologique que celui des couches jetables traditionnelles. La « révolution » se déroulera en association avec les deux crèches de Saint-Imier. L'objectif premier est de sensibiliser les mamans qui mettent leurs enfants à la crèche, à utiliser des couches culottes lavables à la place des couches jetables afin de promouvoir l'écologie et l'économie. " Trésor NzokiraSi vous souhaitez aider ces étudiants, contactez-moi et je transmettrai

 

Pour écouter le reportage de la RSR: http://blogs.rsr.ch/biosphere/hamac-a-mi-chemin-entre-le-...
Si vous voulez la version longue... www.yoursoftweb.com/audio_files/20100122-biosphere-une-co...
Et si vous voulez en savoir plus sur l'excellent projet atelier sur le climat: http://myclimate.cyberspace.ch/index.php?l=f

 

07/10/2009

De l'usage du mentoring en entreprise: pour les femmes... et les jeunes??

Concernant le débat actuel sur les méthodes pour faciliter l'embauche des jeunes, certaines pistes explorées dans le domaine de l'emploi au féminin peuvent être réutilisées pour la promotion des jeunes. C'est notamment le cas de la mise en place de programmes de mentoring.

Comme je le soulignais dans mon article sur http://economieverte.blog.tdg.ch, ce qui manque souvent à un jeune pour être embauché en entreprise est l'établissement d'un climat de confiance. Pour établir celui-ci, il faut que le jeune ait conscience des enjeux du travail en entreprise. Certaines formations proposent une initiation aux rites de l'entreprise : dans l'école d'ingénieurs que j'ai fréquentée, ce cours s'appelait "Formation Humaine et Sociale", mais malgré toute la bonne volonté des enseignants, je n'ai pas le souvenir d'y avoir appris une seule compétence qui ne me permette véritablement de mieux m'insérer dans le monde du travail.

Je pense que le système de mentorat est plus adapté pour se rendre compte des enjeux de la vie en entreprise. Via le contact avec un mentor - homme ou femme - le menté peut gagner du temps sur sa propre évolution personnelle en ayant un premier retour d'expérience de la vie en entreprise. De plus, la relation avec le mentor peut lui permettre de nouer de nouveaux contacts qui faciliteront sa progression au sein de l'entreprise.

Mais alors, qui peuvent être ces mentors et surtout quels sont les outils politiques que l'on peut mettre en oeuvre pour faciliter l'établissement de duos mentors-mentés?

Pour être efficace, je pense que ce système de mentorat devrait être inter-entreprises. Les mentors pourraient s'annoncer auprès d'une instance coordonnée par l'Etat de Genève en tant que volontaires au programme. Enfin, les jeunes en dernière année de formation ou déjà en recherche d'emploi auraient la possibilité de se déclarer intéressés à être guidés dans leur recherche professionnel.

Je finirai sur ce point: un autre intérêt de ce système est qu'il désacralise le rôle des cadres et dirigeants d'entreprise. Même si dans notre pays le clivage n'est pas trop fort entre le bas et le haut de l'échelle, on a tout de même tendance à penser que le dirigeant d'entreprise "exploite" par définition ses employés, alors que nombre d'entre eux tendent à avoir également un rôle non seulement économique de création d'emploi mais également un rôle social.

02/10/2009

Comment obtenir un congé paternité... pour les papas qui le souhaitent !

Le rôle de papa
Je l'ai dit au préalable, le combat pour l'égalité signifie également donner aux hommes des droits comparables à ceux des femmes. Ainsi, ceux qui dans des commentaires ont signalé que selon eux, une différence génétique ne doit donner lieu à aucun droit ou devoir supplémentaire devraient s'étonner que les hommes qui travaillent n'aient pas la possibilité matérielle de passer du temps auprès de leur enfant !!

Comme le dit un édito: "Et si on positivait dans cette guéguerre des sexes? Et si la nouvelle priorité des femmes devenait la cause des pères, pour qu'enfin la société change en profondeur et que le fait de s'occuper de son enfant dès la naissance devienne la règle pour les hommes aussi?"

Parmi les mesures manquantes - mais aussi celles qui fâchent - le fameux congé paternité.

Quelles mesures législatives?
Le gros problème est que toutes les mesures pour tenter de mettre en oeuvre un congé paternité même modeste échouent: Ainsi, au niveau du conseil national, le projet de motion qui demandait l'introduction d'un congé parental de deux semaines ou encore un projet d'Antonio Hodgers qui demandait simplement que soit créée une base légale pour permettre aux cantons qui le veulent de créer un congé paternité.

Parfois, c'est l'argument économique qui est mis en avant: comment "ajouter" deux semaines de congé à un jeune papa? Sur cet aspect, je dirai simplement la chose suivante: c'est parfois un faux argument puisque je connais des hommes qui ont souhaité soit rallonger leurs vacances avec un sans-solde pour mieux vivre leur paternité soit utiliser simplement leur solde de vacances - et dans ces deux cas spécifiques, la mesure a été refusée.

Ainsi, c'est bien un problème culturel plus profond: on ne considère pas qu'un homme ait "besoin" de passer du temps avec son enfant. Et c'est dramatique! Si on refuse à un homme ce lien unique qui peut se créer lors des premières semaines de l'enfant, comment s'étonner que dans la suite de sa vie de parent, il reste bien souvent "plus à l'écart" que la mère ?

"Faites l'amour, pas la guerre !"
Mais la proposition la plus originale - issue de quatre parlementaires romands de différents partis - est de loin celle-ci: les cours de répétition militaires devraient être remplacés par un congé payé à la maison en cas de naissance!

Bien sûr, cette mesure est imparfaite et même provocatrice. Ainsi, les travailleurs étrangers n'auraient droit à rien. Mais elle a le mérite de revenir sur cette notion que j'avancais il y a quelques temps sur ce même blog: pourquoi ne pas voir la parenté comme un service rendu à a communauté et considérer de manière identique les congés pris pour l'une ou l'autre raison?


paternite_1.jpgVous voulez en savoir plus sur les propositions de Antonio Hodgers, Hughes Hiltpold, Luc Barthassat et Roger Nordmann? C'est par ici

01/10/2009

La parité... pourquoi au fait??

La parité semble de nos jours un sujet de polémique "à la mode" dans le petit monde des blogs.

Mais ce qui me frappe dans les discussions à ce sujet est la demande de la parité est interprétée comme un combat hommes-femmes (donc candidats-candidates) et non comme un vrai débat de société.

Quelqu'un s'est-il posé la question récemment: au fait, pourquoi veut-on la parité? Réduire cette demande à une résurgence de la lutte féministe des années 70 serait ne pas comprendre ce phénomène dans sa globalité.

Si l'on en croit un récent rapport de l'UNICEF(1), souhaiter une meilleure représentation des femmes en politique, c'est aussi:

- s'assurer que "les organes législatifs soient plus sensibles aux préoccupations des femmes et des enfants"
- faire en sorte que "la participation des femmes à la vie politique locale ait des répercussions plus immédiates et plus directes sur les conditions de vie des femmes et des enfants "
et de manière plus surprenante encore
- de consolider les processus de paix ! Il apparaît de plus en plus clairement que la contribution des femmes est essentielle tant au succès à long terme des processus de paix qu’à la stabilité d’un pays au lendemain d’un conflit. Des études de cas permettent en effet de penser que les accords de paix, la reconstruction au lendemain des conflits et le rétablissement de l’administration ont de meilleures chances d’aboutir quand les femmes sont engagées dans ces activités, en partie parce qu’elles abordent le problème de la sécurité de manière plus globale et s’emploient à résoudre les principaux problèmes sociaux et économiques qui, sans elles, seraient négligés.

De nombreux exemples étayent ces constatations, et je vous livre un de mes préférés, en tant que "Verte":

En Inde, depuis 1998, un tiers des postes à responsabilité des conseils villageois est réservé aux femmes. Un grand travail de recherche sur l’impact de cette politique a permis d’enquêter dans 165 conseils villageois de l’État du Bengale Occidental. Cette étude a révélé que le niveau de financement des biens publics – y compris l’entretien des routes, les visites des agents de santé et les investissements dans les équipements d’approvisionnement en eau – était nettement supérieur dans les villages qui avaient adopté des politiques actives de réserve que dans ceux où il n’y avait pas de quotas.

Alors, messieurs, si vous souhaitez ne plus entendre parler de parité pendant quelques temps, je n'aurais qu'un conseil à vous donner (pour ceux qui ne le font pas déjà): proposez au peuple genevois de solutions durables qui englobent tous les acteurs de la société de manière égalitaire ; prenez en considération l'impact sur les femmes des mesures politiques qui sont prises ; proposer à tous de vivre dans une société plus solidaire...

(1) http://www.unicef.org/french/sowc07/profiles/inequality_p...