14/09/2010

Test Echomag: les pensées d’une testeuse

 

Lorsque le rédacteur d’Echomag a fait un appel à candidatures pour un test comparatif de temps de trajets en ville de Genève, j’ai tout de suite voulu y participer. Je suis verte (ce qui signifie que je vote vert, pas que je n’ai pas eu le temps de bronzer cet été - quoique...) et je voulais aider à montrer que les transports publics, ou d’autres options écologiques pouvaient être compétitives en termes de temps de transport. J’ai donc voulu corser la chose et montrer que sur un trajet bien desservi, prendre le tram - avec qui plus est une poussette - était plus rapide que la voiture.

Ok, je vais être honnête avec vous, depuis chez moi, je ne prends pas toujours les transports publics. Déjà parce que depuis mon petit village de la campagne genevoise (L’avenir, 30 âmes à tout casser), il me faut marcher 1 km pour atteindre les premiers transports publics. Et avec le barda dont j’ai besoin pour amener le bébé chez la nounou (poussette, lit bébé, changes...), 1 km, c’est beaucoup.

L’option voiture à laquelle je me résouds parfois n’est pas non plus idéale. C’est totalement empirique de dire celà, mais j’ai l’impression que les trajets durent de plus en plus longtemps. Pour aller en ville, je passe de plus devant les Communaux d’Ambilly, alors je me dis que si le problème de la mobilité par rapport aux nouveaux habitants n’est pas pris en compte sérieusement dans cette zone (par l’augmentation des fréquences de bus ou - on peut toujours rêver - l’extension du tram de Moillesullaz) les choses ne vont pas aller en s’améliorant. Fût un temps, j’utilisais ce moment pour écouter des livres audio sur mon autoradio, mais avec un bébé à bord, c’est un moment franchement pénible. Je ne vois pas mon bébé à l’arrière de la voiture: si je passe 40 minutes dans les bouchons, nous ne passons pas ce temps ensemble. Pour peu qu’il ait un problème (faim, soif...), çà devient une galère pour lui comme pour moi.

J’ai essayé aussi le vélo (électrique, parce qu’avec le bébé à l’arrière, moi, perso, les 20 kms aller-retour, je ne les fais pas). Une excellente solution sur plein d’aspects. Par contre, certaines portions de route que je dois emprunter sont très mal protégées, et je tremble de ce qui arriverait si une des voitures qui n’a pas respecté le mètre de distance latérale se loupe un de ces jours.

Un compromis pour moi, donc: prendre le vélo électrique jusqu’au tram, et prendre le tram. Pas 100% (pas de zone sécurisée pour stocker le vélo électrique et la carriole + il faut toujours gérer le barda à porter dans le tram), mais c’est encore ce qui paraît le plus rationnel.

Oui, mais voilà, je le fais, ce test, et avec mon tram et ma poussette, j’arrive dernière. Sur une bonne ligne. Et là, franchement, je suis frustrée. Parce que çà n’est pas le but. Si on est écolo et qu’on fait des efforts pour trouver les solutions les plus rationnelles en termes d’efficience énergétique, on aimerait en tous cas que le temps de transport soit correct.

Alors voila, si j’avais une baguette magique, je voudrais que le tram gagne suffisamment en efficacité pour que lors du prochain test, il arrive glorieusement devant la voiture. Avec ou sans ma poussette.

04/08/2010

Licenciements après une grossesse: ceux dont on a connaissance, et les autres

La Tribune de Genève se faisait récemment l'écho de licenciements intervenus à La Halle aux vêtements.  

"[...] Les deux jeunes femmes ont évoqué peu ou prou le même scénario. Gérantes de magasin, l’une à Genève, l’autre dans le canton de Vaud, elles sont tombées enceintes. A la fin de leur congé maternité, elles sont convoquées au siège de l’entreprise, à Lausanne, où on leur notifie leur congé. « On n’a plus rien pour vous, on ne sait plus où vous mettre» aurait-on dit à l’une. « On n’a pas d’autre poste à vous proposer », a entendu la seconde." (http://www.tdg.ch/geneve/actu/licenciees-conge-maternite-...)

Après médiatisation du cas, les employées ont reçu une compensation pour ces licenciements. Cependant, de nombreux cas de licenciements abusifs dans des cas similaires existent, mais ne sont pas toujours signalés.

Ainsi, dans ma vie professionnelle et au cours de discussions privées, j'ai entendu maintes fois des femmes décrire le revirement soudain de leur employeur après leur retour de congé maternité.

Dans le cas le plus direct, ces femmes ont été "remerciées" dès leur retour, parfois avec une compensation financière.
Autres cas de figure: une pression pour leur départ ("Vous avez besoin de temps aménagé, nous ne pouvons vous l'offrir, nous vous conseillons de rechercher un autre emploi", "Le service s'est réorganisé en votre absence, vous ne serez plus à votre place" ou encore moins subtile: "vous ne serez pas en mesure de gérer une équipe avec vos nouvelles responsabilités personnelles. que voudriez-vous faire d'autre?")

Ces cas frisent la légalité, mais ils sont surtout symptomatiques de préjugés profonds sur les mamans. On part du principe qu'elles seront moins efficaces. On ne prend pas en compte leurs qualités de mamans (organisation personnelle, empathie envers les autres...) comme des atouts pour l'entreprise mais comme des freins.

Si vous avez été victimes de telles discriminations, je serais intéressée à recueillir votre témoignage. Contactez moi par messagerie.

 

 

26/06/2010

La parité en question: enjeu de la nouvelle constitution

La semaine prochaine, l'assemblée de la constituante se positionnera sur le brûlant sujet de la parité.

Parmi les détracteurs, il y a ceux qui défendent les femmes et considère que c'est une injure à leurs compétences. Il y a aussi ceux qui ne souhaitent tout simplement pas voir plus de femmes au parlement. En ce qui me concerne, la parité qui m'a peut-être semblé à l'époque comme une mesure autoritaire m'apparaît de plus en plus clairement comme une mesure indispensable pour amener la société à une égalité de faits.

Que les femmes aient le droit de s'engager en politique (comme elles ont le droit de mener carrière ou de souhaiter se consacrer à l'éducation de leurs enfants) est une évolution significative de nos sociétés. Mais la résistance des habitudes est plus insidieuse. Il reste traditionnel que l'éducation des enfants, et surtout le temps nécessaire pour les éduquer soit par défaut assigné aux femmes. Ainsi, lorsqu'on propose à une femme de s'engager en politique, la réponse majoritaire est: "pourquoi pas", mais il faut que je vois si c'est compatible avec une charge de famille - ce tandis que la question identique posée à un homme n'induira pas toujours le même questionnement sur la compatibilité avec son rôle de parent.

De plus, je suis intimement persuadée que le fameux débat sur la compétence des femmes (pourquoi les pousser à s'investir si elles ont moins de compétences qu'un homme) vient en grande partie d'une vision stéréotypée des manières de développer des compétences. Les femmes ont parfois des parcours plus atypiques (interruptions de carrière, enfants...) qui peuvent limiter leur progression, mais leur parcours n'en est pas moins - et peut-être même plus - difficile que celui d'un homme. Etre mère de famille et mère active, de nos jours, c'est acquérir des compétences multiples, de la gestion du temps à la diplomatie en passant par la comptabilité, l'organisation d'évènements...

Enfin, comme je l'évoquais dans un article précédent, le but de la parité n'est pas de promouvoir l'"ambition" des femmes au détriment des hommes. Il est une méthode forte pour s'assurer que l'agenda politique se préoccupe des besoins réels des femmes dans la société.

Alors j'espère sincèrement que la constituante saura donner une réponse novatrice et progressiste à la question de la parité en politique.

 

05/06/2010

Des concerts et des célébrations

Ce dimanche, plein de concerts aux bains des pâquis pour des célébrations importantes.

lairdesbains.jpg

 

 

 

Tout d'abord (honneur aux hôtes), les bains fêteront leurs 20 ans d'existence avec la sortie attendue du CD l'air des bains. Avec de nombreux artistes suisses, beaucoup d'originalité et de fraîcheur, et dans un cadre idyllique: vous pourrez découvrir notamment Alenko, Jerrycan ou encore Julien Brulhart, Pascal Schaer & Sophie Ding (ma chouchoutte, perso). Envie d'en savoir plus?? Alors allez voir http://www.newhealingsounds.com/CD_BainsDesPaquis.html ou encore http://www.bains-des-paquis.ch

 

 

014_MichGerber_A_Jaquemet_7.jpgEnsuite ("last but not least", comme on dit dans la langue de shakespeare), Mich Gerber, "incontournable artiste suisse" (@Ashley), bassiste et compositeur de jazz électronique inspiré des musiques du monde, donnera un concert - toujours aux bains des pâquis - à 17h - dans le cadre de la journée Making Peace. Quelle célébration? le 100ème anniversaire du prix nobel de la paix du BIP.

 

Avec tout celà, si vous êtes amateur de musique un peu, amateur de musique suisse beaucoup (avec ou sans Stephan Eicher), vous n'avez plus aucune raison de ne pas venir dimanche nous retrouver avec ce beau soleil qui s'annonce...

 

 

http://www.makingpeace.org
http://www.weekendinternational.ch

04/05/2010

Un travail à temps partiel

Il est très difficile, parfois impossible, de trouver un travail à temps partiel qui soit malgré tout intéressant.

 

Parmi les hypothèses souvent faites par les employeurs à ce propos est le fait qu’une personne qui travaille à temps partiel sera moins impliquée dans son travail. De part mon expérience personnelle et professionnelle, je pense sincèrement que c’est très souvent l’inverse. Une personne qui gagne en flexibilité pour s’investir dans d’autres activités (maternage, formations, autres…) sera reconnaissante envers son employeur et plus encline à s’investir intensément. A titre d’exemple, toutes les personnes que je connais qui travaillent à 80% font quasiment le même nombre d’heures, mais ont une journée entière à consacrer à d’autres activités. Pour parler vulgairement, c’est « tout benef » pour l’employeur qui a un employé motivé, sérieux… qu’il paie moins cher.

 

Il est certain par contre qu’il peut s’avérer plus compliqué administrativement de gérer une personne travaillant à temps partiel. Mais pas forcément plus que de gérer les absences pour congé ou armée pour parler des cas les plus pratiques.

 

Un autre gros avantage du temps partiel est que cela introduit une foule de nouvelles opportunités en termes de temps partagé. En tant que créatrice d’entreprise, je peux difficilement payer un comptable ou un marketer à temps plein, mais si je pouvais employer quelqu’un à 20 ou 30%, quitte à le « partager » avec une autre entreprise dans le même besoin, alors je serais en mesure de développer plus vite et plus efficacement mon entreprise au lieu de devoir me résoudre à faire toutes ses opérations moi-même parce que je ne trouve pas les ressources qualifiées sur le marché du travail avec ces temps de travail.

 

Je pense en particulier que de nombreuses femmes très qualifiées hésitent à reprendre un emploi à 100% après leur premier ou leur deuxième enfant et se retrouvent à prendre un emploi à temps partiel pour lequel elles sont sur-qualifiées. Et je pense que c’est ce qui amène les femmes qui se battent pour l’égalité salariale à penser qu’il est impossible  de souhaiter poursuivre une carrière en réduisant son taux d’activité (voir notamment l’article des quotidiennes : http://www.lesquotidiennes.com/travail/un-taux-dactivit%C3%A9-inf%C3%A9rieur-%C3%A0-80-r%C3%A9duit-%C3%A9norm%C3%A9ment-les-chances-d%C3%A9volution-dune-carri%C3%A8re.html )

 

Si le taux d’activité est inférieur à 80% mais reste un emploi à responsabilité, qualifié et même entrepreneurial, alors les employeurs ont tout intérêt à considérer ces femmes comme des personnes compétentes, disponibles et flexibles, donc comme des recrues de qualité.

 

Qu’en pensez-vous ??