31/03/2011

Interview de Babette Keller: maman et cheffe d'entreprise

Dans le cadre d'une étude réalisée sur les mamans actives fin 2010, j'ai interviewé Babette Keller sur sa manière à elle d'être femme, maman et... cheffe d'entreprise.

Elle nous livre ses trucs à elle et surtout sa manière de concevoir la conciliation vie professionnelle et vie familiale


Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots qui vous êtes?

Je m’appelle Babette Keller et je suis directrice de Keller Trading SA. J’aurais tendance à dire que je suis devenue entrepreneuse malgré moi. J’ai été amenée à créer ma société avant tout par passion: passion du secteur horloger et passion des textiles. Je suis aussi l’heureuse maman de quatre enfants, qui ont maintenant 26, 24, 21 et 10 ans. Je suis divorcée du père de mes enfants depuis 2008.

Qu'est-elle selon vous la formule magique qui vous permet de concilier votre activité professionnelle avec votre rôle de maman?

J’ai eu la chance d’être l’épouse d’un enseignant, qui était présent à la maison et enclin à partager les travaux ménagers et l’éducation de la famille. Mais comme mes enfants n’ont jamais été à la crèche et que les grands-parents de mes enfants n’ont pas pas pu les garder, j’ai dû adapter mes horaires et mes manières de travailler. Lorsque j’ai créé ma société en 1991, j’avais trois activités: maman, vendeuse auxiliaire dans le prêt-à-porter et enfin créatrice de ma société. Alors je travaillais le samedi et étais souvent sur ma machine à coudre jusque tard le soir...

Lorsque je suis tombée enceinte pour la quatrième fois, j’avais plus avancé dans ma carrière, et j’ai cru un moment que je n’arriverais pas à gérer une nouvelle maternité. Mais mes aînés sont alors venus vers moi et m’ont dit qu’ils m’aideraient !

Auriez-vous pu envisager de vous arrêter de travailler?

Il aurait été hors de question pour moi de m’arrêter de travailler. Mon entreprise est mon hobby, c’est là où «je m’éclate»! Lorsque mes enfants étaient plus jeunes, c’était aussi une manière pour moi de sortir de la famille et des enfants. Enfin, cela représentait une rentrée financière qui me donnait une liberté.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une jeune maman qui souhaiterait continuer activement ses activités professionnelles?

Avant tout, de ne pas culpabiliser ! Si on est bien dans nos baskets et dans nos choix, nos enfants le seront aussi. On m’a dit que j’étais une mère indigne, que je travaillais trop: Cà n’est pas comme çà. Chaque être humain, chaque femme doit écouter parler son coeur et ses envies.

Il faut savoir créer des moments où on se consacre exclusivement à ses enfants. Il est également très important de savoir que nos enfants sont bien quand on n’est pas là. Il faudrait qu’il y ait plus de structures d’accueil pour les enfants.

Certaines femmes cadres m’ont confié avoir choisi de ne pas faire d’enfants pour ne pas limiter leur carrière, et c’est dommage. C’est un plus dans nos vies en général, et un plus dans nos vies professionnelles en particulier. Lorsque je réalise des embauches, j’ai tendance à sélectionner des femmes, des mamans et même des mamans divorcées. Parce qu’elles ont une capacité à être pragmatiques et une facilité à changer de casquettes qui me sidère toujours.

Il est vrai que lorsqu’on a de jeunes enfants, il est difficile de partir de la maison et d’avoir la tête dans son travail. Il faut apprendre à gérer. On me disait alors que les choses n’iraient pas en s’arrangeant: «petits enfants petits soucis, grands enfants grands soucis» dit l’adage. Pourtant, mes enfants sont devenus adolescents, puis indépendants, et nous n’avons jamais eu de problèmes majeurs au sein de la famille.

Avec le recul, je vois que mes enfants sont équilibrés. Ma fille de 26 ans travaille avec moi, mon fils est designer dans l’horlogerie et mes deux autres enfants suivent leur voie. C’est un grand bonheur.


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