16/12/2010

Application de la loi sur l'égalité: où en est-on?

L'égalité hommes-femmes n'est décidément pas un sujet à la mode pour les politiciens genevois. Après une première attaque en règle de la part des constituants, c'est le Grand Conseil qui a décidé de "supprimer la loi cantonale d'application de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes (LaLEg) et à faire disparaître les dispositions de procédure prévues dans la loi générale relative au personnel de l'adminisration cantonale et des EPM"(1). Et précisément, la mise en pratique réelle de l'égalité requière une loi d'application, et non seulement une décision théorique.

Passer de l'égalité théorique à une mise en pratique de l'égalité

Depuis 30 ans, les femmes ont théoriquement acquis le droit d'accéder à la majorité des fonctions. Mais dans les faits, les choses ne sont pas aussi avancées qu'on pourrait le croire. J'entends souvent dire autour de moi que l'égalité est désormais "acquise" et qu'il n'y a plus de bataille à mener. Selon moi, c'est une vision restrictive des choses. L'égalité, dans les faits, implique de repenser une partie de nos schémas sociaux, et de véritablement permettre aux femmes - et aux hommes - de choisir leur propre équilibre professionnel, familiale et social.

L'un des facteurs pour cela est la possibilité de signaler les discriminations dans le domaine professionnel, et malheureusement, les modifications proposées par le Grand Conseil ne vont pas dans le bon sens. A titre d'exemple, les nouvelles dispositions législatives rendront les procédures devant le Tribunal administratif plus complexe. De plus, La LEg traite de "l’ensemble des discriminations, comme par exemple la discrimination salariale, la discrimination à l’embauche ou lors de promotion", et non seulement des questions de harcèlement sexuel qui sont adressés par le groupe de confiance nouvellement créé.

L'égalité, dans les faits, implique également d'accepter que des parents aient une approche du travail différente. Notre société accepte-t-elle réellement que des hommes - et des femmes - adaptent leur activité de manière temporaire pour vivre pleinement leur rôle de parent? Car tant que ce ne sera pas le cas, il faudra qu'une personne (et pour des raisons historiques et culturelles, ce sera dans une majorité des cas la femme) se "sacrifie" dans une période de sa vie pour l'éducation des enfants.

La société suisse est-elle ouverte à des innovations sociales pour faciliter une conciliation harmonieuse? Je suis quant à moi certaine que çà n'est pas le cas, alors que la création de nouveaux modèles permettraient de faire évoluer les mentalités. Me concernant, je suis cheffe d'entreprise, travaille à temps partiel, et ai un, bientôt deux enfants en bas âge. Tout cela peut paraître impossible, mais je vous assurer que çà n'est pas le cas, quand on se détache des modes de fonctionnement traditionnels.

Un constat après 30 ans: quelles évolutions pour l'égalité

Envie d'en savoir plus? Je vous conseille de remplir l'enquête lancée par le réseau femmes(2) et de consulter les résultats qui seront publiés en 2011. Et si vous voulez savoir ce que ce type d'enquête donne comme résultat (3) dans un des pays les plus connus pour ses initiatives en faveur des femmes - la Suède - et de constater que si les rôles paraissent plus équilibrés dans les domaines professionnels, beaucoup reste à faire dans les domaines privés ou politiques. Je vous mets ci-dessous quelques unes des remarques qui m'ont parues les plus frappantes

  • Les femmes et les hommes n’en sont plus réduits à choisir entre l’activité professionnelle et les enfants – ils peuvent les concilier.
  • Les femmes cumulent leur activité professionnelle avec les soins des enfants et du ménage.
  • Les hommes cumulent leur activité professionnelle avec des pouvoirs économiques, politiques et syndicaux.
  • Les assemblées politiques élues au suffrage direct ont aujourd’hui réalisé la parité, mais pas celles qui sont élues au suffrage indirect.
  • Les inégalités sexuelles persistent au lycée et dans l’enseignement supérieur.
  • Les professions dominées par les femmes sont moins valorisées que celles dominées par les hommes.
  • Les disparités de salaires persistent...

References:

1. http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article1688

2. http://www.ca-vous-est-egal.ch/

3. http://www.sweden.se/fr/Accueil/Travailler-vivre/Legalite...