24/09/2010

Retraites françaises à 62 ans, le cas des femmes

La France est encore en grève. Mais cette fois-ci, le motif de la grève est d'enjeu: accepte-t-on de retarder l'âge de départ en retraite de 2 ans pour aider au financement des retraites sur le long terme?

Après les discussions sur la pénibilité du travail a émergé une autre problématique, celle de la retraite des femmes. En effet, les femmes (en France comme en Suisse) sont pénalisées par la plupart des réformes de systèmes de retraite. La raison en est simple: les femmes ont souvent un parcours professionnel plus hiératique que les hommes, du fait - notamment - de leur maternité.

Ce qui me frappe dans ce débat est l'attitude d'Eric Woerth face aux questions qui lui sont posées sur ce thème. Voilà un homme qui essaie de redorer son blason après de nombreuses interrogations sur des éventuels problèmes de corruption, qui se targue dès qu'il le peut d'être un homme "éthique" et "droit", et qui ne prend absolument pas en compte les questions qui lui sont posées sur l'inégalité hommes-femmes face à la retraite.

Interrogé sur ce sujet à a télévision française hier soir, Eric Woerth a mis en avant le fait qu'une personne qui prend un congé parental conserve pendant cette période son droit à la retraite. Jusque là c'est vrai, et c'est déjà une avancée majeure. Mais le reste de son argumentaire était bien faible: "la plupart des femmes qui doivent attendre 65 ans pour toucher une retraite à taux plein ont volontairement quitté leur emploi". Ici, je m'interroge sur le mot "volontairement". Est-ce qu'une amie que j'interrogeais récemment, qui attendait une crèche depuis près de 2 ans, avait arrêté de travailler volontairement? Je ne pense pas. Est-ce que cette autre amie, hautement qualifiée, et qui cherchait un emploi avec un enfant en bas âge et n'essuyait que des rebuffades était volontairement sans emploi ? Je ne pense toujours pas.

Bien sûr, cela n'est pas l'objet d'une réforme des retraites de résoudre en un jour toutes les inégalités de la société. Mais il m'apparaît évident que pour faire passer une réforme de cette envergure - et notamment en France - il faut en tous cas que les politiciens restent ouverts au dialogue sur les problématiques fondamentales que soulèvent cette réforme.

 

Commentaires

La moindre des choses serait d'enlever une année par enfant élevé. Il n'y a pas de raisons que l'on traite de manière identique, une femme qui n'aurait jamais eu d'enfants, celle qui en aurait eu un, ou cinq. Ces années de nuits blanches, d'implication dans la relève démographique doit être tenue compte dans le calcul de la retraite des femmes.

Écrit par : question | 24/09/2010

Est ce que Genève a été annexée par la France, je me suis absenté quelques jours, on m'aurait fais ça par derrière!

Écrit par : dominique.degoumois | 24/09/2010

Parfois (souvent meme), les exemples etrangers sont interessants a analyser!
Et proches des problematiques suisse
http://www.verts.ch/web/gruene/fr/positions/sociale/assurances_sociales/communiques/referendum_11_revision_avs.html

Écrit par : Aurore Bui | 24/09/2010

Madame

A incompétence (woerth), incompétence et demie (vous). Il faudrait rappeler qu'en France une naissance compte pour plusieurs années de cotisations pour une femme. Des rumeurs régulières suggèrent de supprimer ces avantage.

Il faut aussi rappeler que le système français est un système total par répartition, que les grèves, la gauche et les verts (français) sont en train de vouloir à juste titre (car invivable à terme) supprimer. Mais la capitalisation quel gros mot.... Y compris via des PEA (mais connaissez vous ces trucs?)

Écrit par : ubu | 27/09/2010

Cher (Monsieur, Madame?) ubu, je constate en tous cas que votre language mériterait d'être un peu plus châtié (et ceci est aussi une compétence).
Rentrer dans un language d'expert n'est pas l'objet de ce post. Son but est d'ouvrir une réflexion et de démontrer une inégalité. Il est aussi de montrer que le manque de dialogue de Mr Woerth cristallise les critiques, et qu'en fermant le débat ("ceci n'est pas le sujet de la réforme"), il entraîne une réaction identique de la part de ses opposants.

Maintenant, puisque vous semblez être intéressé au débat, je serais intéressée à ce que vous répondiez à la question soulevée par cet article: doit-on considérer que les impacts sur la carrière (et donc la retraite) des enfants doivent être assumés uniquement par les femmes ou par l'ensemble de la société - qui bénéficie également d'une meilleure démographie.
C'est un débat d'intérêt (selon moi), en vue des prochaines réformes AVS.

Aurore Bui

Écrit par : Aurore Bui | 27/09/2010

Je trouve que les travailleurs devraient pouvoir obtenir une pré-retraite si nécessaire, et ceux qui souhaitent continuer de travailler encore quelques années pourquoi pas? J'espère qu'en Suisse, on pourra revoir cela de plus près également, car dites moi quel employeur engagerait une personne de soixante ans et parfois déjà à cinquante ans, l'employeur souvent demande à son employé d'envisager la pré-retraite, mais faudrait-il encore avoir côtisé les années obligatoires....! La question reste ouverte.

Écrit par : Esméralda | 28/09/2010

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