13/09/2010

Des hommes à temps partiel

En faisant récemment des recherches pour un article sur la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle (à paraître dans le prochain babybook), je me suis rendu compte qu’il était beaucoup plus facile d’interviewer des femmes sur ce sujet, que des hommes. Déjà parce que par rapport aux femmes qui passent toutes (disons à une immense majorité) par une période d’interrogation sur l’aménagement de leur temps après avoir eu des enfants, moins d’hommes s’interrogent sur cette question. Parce que çà n’est pas dans la culture ambiante (pour être caricaturale, l’opinion dominante est : un homme « doit » travailler à 100% et faire vivre la famille). Parce qu’ils se sentent parfois moins impliqués dans la vie de famille, que ce soit dans les tâches ménagères ou plus tard dans l’éducation de leurs enfants.

 

Mais aussi parce que les hommes qui ont fait un choix au niveau de l’aménagement de leur temps de travail ne souhaitent pas forcément en parler. En effet, représentant encore une minorité, ils ont peur d’être montrés du doigt par rapport à leur choix de vie.

« C’est mal considéré pour un homme », « Cà ne fait pas partie de la norme ».

 

SI je comprends parfaitement cette peur, j’espère à titre personnel que plus d’hommes auront envie d’assumer leurs envies de parler de leur implication dans leur vie de famille et de la manière dont ils choisissent parfois de créer des compromis avec leur vie professionnelle. Parce que cela peut inspirer d’autres hommes et leur montrer que des modes de vie moins stéréotypés sont possibles. Parce que ce sera une manière de faire évoluer les mentalités et de changer la « norme » masculine en entreprise.

 

PS désormais habituel pour mes posts : si vous vous reconnaissez dans ma description, n’hésitez pas à m’écrire en direct pour en parler

 

A lire, un article intéressant sur le sujet :

http://www.tsr.ch/info/suisse/2284319-temps-partiel-un-droit-mal-connu-des-hommes.html

Commentaires

Ce que je constate dans ma vie et mon entourage est que de plus en plus de jeunes pères travaillent à temps partiel, car ils ne trouvent pas de 100%. De plus, les femmes travaillent aussi à temps partiel, car les charges sont très lourdes à Genève (crèche, loyer, transports, assurance maladie,...). Je me retouve pas dans ces pères un peu bobo, qui peuvent se permettre de travailler moins.

De manière générale, j'ai l'impression qu'en Suisse l'enfant n'est pas valorisé. Le fait d'avoir un enfant est une charge lourde et entraîne des complications financières et d'organisation. Par exemple les crèches, il faut s'inscrire un ou deux ans à l'avance. Je ne prône pas une politique à la française de "mères pondeuses" décorées par les autorités, mais simplement des aménagements pour aider les gens à être de bon parents disponibles selon leurs besoins.

Écrit par : Riro | 13/09/2010

"SI je comprends parfaitement cette peur,"

Personnellement je ne la comprend pas du tout. Une des clefs du bonheur, c'est de faire des choix en toute conscience et de les assumer. Et les assumer n'est aucunement difficile quand justement ils sont le fruit d'une mûre réflexion sur soi, ses besoins, ses attentes, sa conception de la vie, quand on sait ce qu'on veut (mais qui le sait encore de nos jours, il y a tant de manipulations par la propagande, la publicité, les "modèles", les affiches, le luxe étalé). Ceux qui dirigent leur vie en fonction du regard d'autrui... Bref, l'enfer c'est les autres, disait déjà le pape de l'existentialisme.

Écrit par : Johann | 13/09/2010

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