04/08/2010

Licenciements après une grossesse: ceux dont on a connaissance, et les autres

La Tribune de Genève se faisait récemment l'écho de licenciements intervenus à La Halle aux vêtements.  

"[...] Les deux jeunes femmes ont évoqué peu ou prou le même scénario. Gérantes de magasin, l’une à Genève, l’autre dans le canton de Vaud, elles sont tombées enceintes. A la fin de leur congé maternité, elles sont convoquées au siège de l’entreprise, à Lausanne, où on leur notifie leur congé. « On n’a plus rien pour vous, on ne sait plus où vous mettre» aurait-on dit à l’une. « On n’a pas d’autre poste à vous proposer », a entendu la seconde." (http://www.tdg.ch/geneve/actu/licenciees-conge-maternite-...)

Après médiatisation du cas, les employées ont reçu une compensation pour ces licenciements. Cependant, de nombreux cas de licenciements abusifs dans des cas similaires existent, mais ne sont pas toujours signalés.

Ainsi, dans ma vie professionnelle et au cours de discussions privées, j'ai entendu maintes fois des femmes décrire le revirement soudain de leur employeur après leur retour de congé maternité.

Dans le cas le plus direct, ces femmes ont été "remerciées" dès leur retour, parfois avec une compensation financière.
Autres cas de figure: une pression pour leur départ ("Vous avez besoin de temps aménagé, nous ne pouvons vous l'offrir, nous vous conseillons de rechercher un autre emploi", "Le service s'est réorganisé en votre absence, vous ne serez plus à votre place" ou encore moins subtile: "vous ne serez pas en mesure de gérer une équipe avec vos nouvelles responsabilités personnelles. que voudriez-vous faire d'autre?")

Ces cas frisent la légalité, mais ils sont surtout symptomatiques de préjugés profonds sur les mamans. On part du principe qu'elles seront moins efficaces. On ne prend pas en compte leurs qualités de mamans (organisation personnelle, empathie envers les autres...) comme des atouts pour l'entreprise mais comme des freins.

Si vous avez été victimes de telles discriminations, je serais intéressée à recueillir votre témoignage. Contactez moi par messagerie.

 

 

Commentaires

Bonjour Aurore, il capital de parler de ces licenciements abusifs et très injustes, qui ne font révéler que le niveau le plus bas de la conscience huamine que les efforts d'éducation ou de civilisation n'ont pas éradiqués!

Il est aussi important que les personnes victimes de ces graves agissements se défendent, trouvent les mots et les canaux de communication pour le faire.

Belle journée à vous!

Écrit par : Micheline Pace | 04/08/2010

D'une façon ou d'une autre je suis sûr que les 'mamans' ont aussi le droit de continuer a travailler... Dans une certaine égalité de traitement.

Maintenant ne soyez pas hypocrite, parce qu'un problème reconnu est a moitié résolu:

- Bien entendu qu'une jeune mère aura des contraintes et une organisation personnelle qui aura un impact sur sa flexibilité professionnelle.

- Si le licenciement ne survient pas avant, vous ne croyez pas qu'il y a une raison ? Comme par exemple une interdiction de licencier pendant un arrêt maladie ou maternité ?

- Il est assez égocentrique de votre part, voir insultant et discriminatoire pour les autres de réserver les qualités d'"organisation personnelle, empathie envers les autres" aux seules mamans. D'ailleurs pour poussez plus loin on pourrait évoquer les cas d'enfant placés sous la protection des services sociaux...

Finalement pour conclure, si vous êtes patrons de PME, voir employeur de service domestique, seriez vous d'accord d'assumer de votre poche les conséquence financière et organisationnelles de la maternité de vos employés... si seulement vous en avez les moyens matériels ?

La maternité n'est pas une fatalité, ça rentre dans le cadre d'un choix de vie personnelle et doit être assumé comme tel. D'autant plus qu'en général ça ne se fait pas seul, ce qui implique en principe deux revenus et deux personnes pour se partager le temps demandé par les enfants en bas ages.

Les témoignages de femmes se sachant enceinte et cherchant un boulot au dernier moment pour bénéficier des prestations de l'employeur vous intéresse aussi pour votre enquête impartiale et exhaustive ?

Écrit par : Eastwood | 04/08/2010

Bonjour Eastwood et merci de votre commentaire, qui pose des questions intéressantes, auxquelles je pense cependant que vous apportez de mauvaises réponses.

Pour vous répondre, oui, je suis employeur. Et oui: je suis prête à "assumer les conséquences d'une maternité", et ce pour de nombreuses raisons.

Premièrement, j'ai toujours veillé à essayer de respecter un équilibre entre les membres masculins et féminins de mon équipe. J'apprécie et ai besoin dans mon équipe des qualités prédominantes de chacun. Et effectivement, les deux qualités que j'ai citées sont généralement plus prononcés chez les femmes et les mamans, même si elles ne leur sont pas exclusives. L'expérience m'a montré qu'en respectant cet équilibre et en offrant aux femmes comme aux hommes un climat de travail agréable et compatible avec leur vie de famille, la productivité de l'équipe augmentait. En d'autres termes, ca n'est pas "parce que j'en ai les moyens" que je fais ce choix, mais parce qu'il contribue à la vie de mes employés et au succès de mon entreprise.

Pour poursuivre, concernant le nerf de la guerre (l'argent, donc), je vous ferai la remarque suivante: pensez-vous qu'un homme qui passe régulièrement 3 semaines à l'armée me "coûte" moins qu'une maman? Faites le calcul et vous saurez que ca n'est pas le critere qui va me motiver en priorite.

Vous parlez de droit d'une maman à travailler et de choix personnel concernant un enfant. Je vous poserai en retour quelques questions ouvertes: que deviendra la société suisse si toutes les femmes font le "choix personnel" de ne pas avoir d'enfant car elles ne peuvent se le permettre? Que se passe-t-il si l'université forme de nombreuses femmes qui ne seront pas en mesure de travailler ?

Je vous rejoins enfin sur un point: un enfant se fait à deux. D'ou ma question: - ne pensez-vous pas en retour qu'un jeune père aura "des contraintes et une organisation personnelle qui aura un impact sur sa flexibilité professionnelle"?

Pour finir, je vous poserai une question: êtes-vous employeur vous-même et avez-vous rencontré des difficultés avec des jeunes mamans? Si c'est le cas, cela m'intéresserait d'en discuter avec vous.

Salutations bloggeuses,
Aurore

Écrit par : Aurore Bui | 04/08/2010

Dans le désordre:

Par les hasards de la vie et du calendrier je n'ai pas eu personnellement de difficulté liée a des maternité.

Par contre j'en connait personnellement une qui s'est offusqué que sa candidature a un nouveau job soit rejetée parce qu'elle était déjà enceinte de deux mois. C'est une amie mais j'ai quand même trouvé sa réaction surréaliste, et tenter de demander ce qu'elle aurait fait a la place de l'employeur (embaucher quelqu'un pour assumer la charge de travaille du poste ou embaucher quelqu'un pour être en congé maternité) a quasiment causé une guerre nucléaire.

Maintenant si les absences maternités ne cause AUCUN problème a l'organisation de votre entreprise, je ne peux que dire tant mieux, mais est ce que j'ose demander quel est votre domaine d'activité et le nombre d'employés ?

PS: L'armée c'est des périodes de 2 ou 3 semaines gérable dans le planning un peu comme des vacances (maternité c'est combien ?). Et pour ceux qui cherche un job avant leur 6 mois d'école de recrus, c'est incontestablement a leur désavantage (je l'ai connu) mais c'est totalement assumable si on le fait directement après la fin de sa formation ou entre le collège et l'uni par exemple.

Écrit par : Eastwood | 04/08/2010

Article très intéressant, merci.

De nos jours, les femmes n'ont plus le choix de travailler, elles sont obligées, et d'ailleurs je leur conseille vivement même si elles ont des enfants. Un travail temporaire est pratique dans ce cas.

Ce que je ne conçois pas est le fait de considérer une grossesse comme étant un problème et obstacle pour le flux du travail. Ces chers hommes ont oublié que ce sont des femmes qui les ont mises au monde.

De plus, prétendre qu'une femme serait moins efficace après un accouchement est un leurre. Je les vois ces femmes qui jonglent entre la vie professionnelle et privée, et elles réussissent bien, car elles sont épanouies. Je ne veux pas dire que les femmes au foyer ne le sont pas, loin de là.

Nous sommes au 21ème siècle, mais il faut constater que l'égalité entre les deux sexes n'est pas 100%.

J'ajoute que l'éducation des enfants appartient aux deux parents, et malheureusement, souvent le père continue de prospérer dans son travail alors que la femme est obligée de faire des concessions.

Écrit par : Fatima | 05/08/2010

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