10/10/2009

Eclosion

Voici qu'arrive la fin de campagne.... autant je suis impatiente (et anxieuse) de découvrir les résultats demain, autant j'aurais eu je crois plaisir à ce qu'elle se poursuive, car j'ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec les citoyens sur certains des enjeux majeurs de la législature.

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A titre personnel, une autre période s'annonce - car comme le disait si bien cette fameuse pub coop, certaines tranches de vie ne durent que neuf mois...

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Mais en ce qui concerne mes engagements et nos débats, ils se prolongeront, sur ces pages ou ailleurs. Dans tous les cas, ce blog continuera sa trajectoire.

J'espère grandement que je pourrais vous y parler de ma nouvelle vie de députée. Si ca n'est pas le cas, je vous y parlerai de mes prochains projets: conjuguer aménagement du territoire et économie durable, ouvrir le dialogue sur la nouvelle loi d'organisation des institutions de droit public ou encore réfléchir à cette fameuse crèche public-privée en ville de Genève...

09/10/2009

Quels regrets ou enseignements pour cette campagne?

Il est toujours difficile de faire un bilan de campagne avant le résultat des élections. On peut avoir un ressenti par rapport à un investissement effectué, mais il est virtuellement impossible de savoir si cet investissement portera ses fruits.

En ce qui me concerne, une seule règle m’a animée au cours de cette campagne: ne rien regretter. Pour moi, cela signifiait: avoir – prendre – le temps de mener à bien les initiatives qui me semblaient intéressantes. Je pense qu’il y a peu de choses que je ferais différemment si je devais recommencer cette campagne.

J’ai fait le choix de m’investir tres tôt dans la campagne – en Novembre de l’année dernière. Pourquoi? Parce que dans ma définition, un politicien ne peut pas être uniquement dans l’artifice et doit développer des connaissances approfondies. J’ai donc souhaité m’impliquer dans la stratégie de campagne ou encore dans la conception du programme électoral.

Mais concrètement, se donner le temps de faire campagne, cela signifie faire des “sacrifices” personnels, en termes de salaire et de temps personnel. A l’heure actuelle, je ne regrette pas le temps que j’ai investi, car j’ai l’impression d’avoir “grandi” au cours de cette campagne. Mais j’avoue redouter les résultats de cette élection car elles me confronteront à une forme d’échec personnel. Est-ce que les candidats devraient être soutenus par la République dans cet investissement? Peut-être, mais ca n’est pas une priorité. Il faudrait déjà que la République soutienne de manière plus efficace les élu(e)s!! Même si c’est un sujet polémique, presque tabou, l’investissement politique – jusqu’à un haut niveau de responsabilité – n’est pas valorisé. On ne vit pas décemment avec un seul salaire de député ; les députés n’ont de plus pas un statut d’employé et ne sont donc pas “protégés” par nos systèmes sociaux (retraite, maternité…). Il est donc difficile de s’engager pour le bien commun si on n’a pas les reins solides, ce qui exclut de fait une part de la population.

Je pense que l’une de mes plus grandes frustrations au cours de cette campagne est venue du difficile équilibre à créer entre les actions collectives et les actions individuelles. Les actions collectives sont essentielles: elles permettent de créer un esprit d’équipe au sein du groupe de candidats – elles permettent de forger une “image” à la liste. Mais le fait est que sans action de communication personnelle, impossible d’être dans les “happy few”, les quelques chanceux qui deviendront député(e)s. Quand on est un “jeune” candidat, il me paraît bien difficile de faire sa place au soleil.

Facebook et les blogs sont des outils démocratiques en ce sens qu’ils permettent à tous les candidats de s’exprimer sur leurs sujets de prédilection. Cependant, il est important de connaître les limites de ces outils. Facebook, s’il laisse une grande liberté d’expression, est aussi par définition un club d’initiés, qui peut donner l’impression trompeuse de communiquer ses idées au monde entier. Facebook a également l’autre désavantage de mélanger par défaut les communications privées et politiques, ce qui pour des personnes qui ne maîtrisent pas ses subtilités peut s’avérer extrêmement dangereux.

Les blogs – et notamment les blogs liés à un journal – sont un outil plus intéressant pour les campagnes thématiques, puisqu’ils mettent en avant le message et non la personne. Ils sont aussi une manière d’engager un dialogue avec les médias. De plus, le fait de soumettre ses idées personnelles au “grand public” peut permettre de mieux comprendre les enjeux (thématiques et politiques), mais aussi d’expérimenter à une petite échelle les attaques que l’on subira plus tard dans la vie politique. Mais dans tous les cas, ces outils virtuels ne peuvent se suffire à eux-même: ils doivent être une passerelle, le prolongement d’une action de terrain mais pas le centre de la campagne.

Si je devais donner un conseil à des jeunes concernant leur engagement en politique, je leur dirais les choses suivantes:

  • osez vous mettre en avant
  • réfléchissez aux thèmes phares que vous souhaitez développer (pas plus d’un ou deux)
  • posez des questions / demandez des conseils à des personnes plus expérimentées, dans votre parti ou à l’extérieur
  • si c’est votre première campagne, emmagasinez un maximum d’informations, car tout ce que vous voyez aujourd’hui vous rendra plus fort dans le futur
  • et surtout… profitez !!!!

07/10/2009

De l'usage du mentoring en entreprise: pour les femmes... et les jeunes??

Concernant le débat actuel sur les méthodes pour faciliter l'embauche des jeunes, certaines pistes explorées dans le domaine de l'emploi au féminin peuvent être réutilisées pour la promotion des jeunes. C'est notamment le cas de la mise en place de programmes de mentoring.

Comme je le soulignais dans mon article sur http://economieverte.blog.tdg.ch, ce qui manque souvent à un jeune pour être embauché en entreprise est l'établissement d'un climat de confiance. Pour établir celui-ci, il faut que le jeune ait conscience des enjeux du travail en entreprise. Certaines formations proposent une initiation aux rites de l'entreprise : dans l'école d'ingénieurs que j'ai fréquentée, ce cours s'appelait "Formation Humaine et Sociale", mais malgré toute la bonne volonté des enseignants, je n'ai pas le souvenir d'y avoir appris une seule compétence qui ne me permette véritablement de mieux m'insérer dans le monde du travail.

Je pense que le système de mentorat est plus adapté pour se rendre compte des enjeux de la vie en entreprise. Via le contact avec un mentor - homme ou femme - le menté peut gagner du temps sur sa propre évolution personnelle en ayant un premier retour d'expérience de la vie en entreprise. De plus, la relation avec le mentor peut lui permettre de nouer de nouveaux contacts qui faciliteront sa progression au sein de l'entreprise.

Mais alors, qui peuvent être ces mentors et surtout quels sont les outils politiques que l'on peut mettre en oeuvre pour faciliter l'établissement de duos mentors-mentés?

Pour être efficace, je pense que ce système de mentorat devrait être inter-entreprises. Les mentors pourraient s'annoncer auprès d'une instance coordonnée par l'Etat de Genève en tant que volontaires au programme. Enfin, les jeunes en dernière année de formation ou déjà en recherche d'emploi auraient la possibilité de se déclarer intéressés à être guidés dans leur recherche professionnel.

Je finirai sur ce point: un autre intérêt de ce système est qu'il désacralise le rôle des cadres et dirigeants d'entreprise. Même si dans notre pays le clivage n'est pas trop fort entre le bas et le haut de l'échelle, on a tout de même tendance à penser que le dirigeant d'entreprise "exploite" par définition ses employés, alors que nombre d'entre eux tendent à avoir également un rôle non seulement économique de création d'emploi mais également un rôle social.

04/10/2009

Une crèche pour le Grand Conseil?

Dans le domaine des prestations sociales, Genève est parfois à la traîne.
C'est notamment le cas pour la conciliation de la vie politique et familiale pour les député(e)s au Grand Conseil.

Et au Grand Conseil... de Neuchâtel, çà se passe comment?
Signe de l'évolution de la société et de la volonté de mieux concilier les exigences de la vie privée et de l'engagement professionnel, un partenariat public-privé entre l'Etat de Neuchâtel, la Banque Cantonale et une entreprise locale a permis de financer l'ouverture d'une crêche à Neuchâtel. Celle-ci possède une capacité suffisante pour les besoins du personnel des entités créatrices et est de plus ouverte aux parents assumant un mandat au Grand Conseil, durant les sessions de celui-ci.

Car la deuxième différence notable entre l'organisation du Grand Conseil à Genève et Neuchâtel concerne les horaires des sessions. A Neuchâtel toutes les séances, y compris les séances de groupe, ont lieu pendant la journée et chaque commission choisit son jour de séance. Cette répartition des horaires est plus pratique pour les parents sans pour autant pénaliser les députés qui exercent une activité salariée.

A Genève, rien de nouveau sous le soleil?
A Genève, a-t-on une chance que de telles initiatives voient le jour? Concernant les horaires, un projet de loi a été déposé en ce sens et renvoyé à la commission des droits politiques.

Alors, il faudra s'atteler à ce que l'Etat - seul ou dans le cadre d'un partenariat public-privé - crée l'impulsion nécessaire qui permettra que les représentants d’une haute fonction cantonale (les député(e)s, donc) aient accès en tant que parent à une crêche et puissent ainsi mieux conjuguer leur vie personnelle et leur engagement politique.

02/10/2009

Comment obtenir un congé paternité... pour les papas qui le souhaitent !

Le rôle de papa
Je l'ai dit au préalable, le combat pour l'égalité signifie également donner aux hommes des droits comparables à ceux des femmes. Ainsi, ceux qui dans des commentaires ont signalé que selon eux, une différence génétique ne doit donner lieu à aucun droit ou devoir supplémentaire devraient s'étonner que les hommes qui travaillent n'aient pas la possibilité matérielle de passer du temps auprès de leur enfant !!

Comme le dit un édito: "Et si on positivait dans cette guéguerre des sexes? Et si la nouvelle priorité des femmes devenait la cause des pères, pour qu'enfin la société change en profondeur et que le fait de s'occuper de son enfant dès la naissance devienne la règle pour les hommes aussi?"

Parmi les mesures manquantes - mais aussi celles qui fâchent - le fameux congé paternité.

Quelles mesures législatives?
Le gros problème est que toutes les mesures pour tenter de mettre en oeuvre un congé paternité même modeste échouent: Ainsi, au niveau du conseil national, le projet de motion qui demandait l'introduction d'un congé parental de deux semaines ou encore un projet d'Antonio Hodgers qui demandait simplement que soit créée une base légale pour permettre aux cantons qui le veulent de créer un congé paternité.

Parfois, c'est l'argument économique qui est mis en avant: comment "ajouter" deux semaines de congé à un jeune papa? Sur cet aspect, je dirai simplement la chose suivante: c'est parfois un faux argument puisque je connais des hommes qui ont souhaité soit rallonger leurs vacances avec un sans-solde pour mieux vivre leur paternité soit utiliser simplement leur solde de vacances - et dans ces deux cas spécifiques, la mesure a été refusée.

Ainsi, c'est bien un problème culturel plus profond: on ne considère pas qu'un homme ait "besoin" de passer du temps avec son enfant. Et c'est dramatique! Si on refuse à un homme ce lien unique qui peut se créer lors des premières semaines de l'enfant, comment s'étonner que dans la suite de sa vie de parent, il reste bien souvent "plus à l'écart" que la mère ?

"Faites l'amour, pas la guerre !"
Mais la proposition la plus originale - issue de quatre parlementaires romands de différents partis - est de loin celle-ci: les cours de répétition militaires devraient être remplacés par un congé payé à la maison en cas de naissance!

Bien sûr, cette mesure est imparfaite et même provocatrice. Ainsi, les travailleurs étrangers n'auraient droit à rien. Mais elle a le mérite de revenir sur cette notion que j'avancais il y a quelques temps sur ce même blog: pourquoi ne pas voir la parenté comme un service rendu à a communauté et considérer de manière identique les congés pris pour l'une ou l'autre raison?


paternite_1.jpgVous voulez en savoir plus sur les propositions de Antonio Hodgers, Hughes Hiltpold, Luc Barthassat et Roger Nordmann? C'est par ici