07/10/2009

De l'usage du mentoring en entreprise: pour les femmes... et les jeunes??

Concernant le débat actuel sur les méthodes pour faciliter l'embauche des jeunes, certaines pistes explorées dans le domaine de l'emploi au féminin peuvent être réutilisées pour la promotion des jeunes. C'est notamment le cas de la mise en place de programmes de mentoring.

Comme je le soulignais dans mon article sur http://economieverte.blog.tdg.ch, ce qui manque souvent à un jeune pour être embauché en entreprise est l'établissement d'un climat de confiance. Pour établir celui-ci, il faut que le jeune ait conscience des enjeux du travail en entreprise. Certaines formations proposent une initiation aux rites de l'entreprise : dans l'école d'ingénieurs que j'ai fréquentée, ce cours s'appelait "Formation Humaine et Sociale", mais malgré toute la bonne volonté des enseignants, je n'ai pas le souvenir d'y avoir appris une seule compétence qui ne me permette véritablement de mieux m'insérer dans le monde du travail.

Je pense que le système de mentorat est plus adapté pour se rendre compte des enjeux de la vie en entreprise. Via le contact avec un mentor - homme ou femme - le menté peut gagner du temps sur sa propre évolution personnelle en ayant un premier retour d'expérience de la vie en entreprise. De plus, la relation avec le mentor peut lui permettre de nouer de nouveaux contacts qui faciliteront sa progression au sein de l'entreprise.

Mais alors, qui peuvent être ces mentors et surtout quels sont les outils politiques que l'on peut mettre en oeuvre pour faciliter l'établissement de duos mentors-mentés?

Pour être efficace, je pense que ce système de mentorat devrait être inter-entreprises. Les mentors pourraient s'annoncer auprès d'une instance coordonnée par l'Etat de Genève en tant que volontaires au programme. Enfin, les jeunes en dernière année de formation ou déjà en recherche d'emploi auraient la possibilité de se déclarer intéressés à être guidés dans leur recherche professionnel.

Je finirai sur ce point: un autre intérêt de ce système est qu'il désacralise le rôle des cadres et dirigeants d'entreprise. Même si dans notre pays le clivage n'est pas trop fort entre le bas et le haut de l'échelle, on a tout de même tendance à penser que le dirigeant d'entreprise "exploite" par définition ses employés, alors que nombre d'entre eux tendent à avoir également un rôle non seulement économique de création d'emploi mais également un rôle social.

Commentaires

Bravo pour cet article! Peut-être pourrait-on aussi ajouter à votre liste de mentors les personnes qui viennent d'entrer en retraite car elles sont encore tout à fait dans le coup... mais aussi, cela leur permettrait, si elles pouvaient obtenir une petite rétribution, de compenser le choc de leur diminution salariale. Mais aussi, compenser le choc d'un arrêt brutal du travail, alors qu'il y a encore "tant de choses à découvrir" (citation du Prof. Harold Fairbairn à plus de 75 ans, géochimiste au MIT dans les années 70-80)

Écrit par : NIN.À.MAH | 07/10/2009

j'aime bien cette idée du mentoring, en fait cela a probablement toujours existé, de manière plus ou moin consciente.

Un jeune femme dans mon secteur d'activité par exemple avec un contrat de courte durée, je crois être un peu son mentor, pour ses recherches d'emploi, sa manière de se mettre (pas assez) en avant, la présenter, etc...

Je suppose que si le mentoring était plus officialisé, cela permettrait d'être encore plus engagé et de donner cette chance à plus de jeunes et de femmes.

A bientôt!

Écrit par : Jacqueline Roiz | 10/10/2009

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