01/10/2009

La parité... pourquoi au fait??

La parité semble de nos jours un sujet de polémique "à la mode" dans le petit monde des blogs.

Mais ce qui me frappe dans les discussions à ce sujet est la demande de la parité est interprétée comme un combat hommes-femmes (donc candidats-candidates) et non comme un vrai débat de société.

Quelqu'un s'est-il posé la question récemment: au fait, pourquoi veut-on la parité? Réduire cette demande à une résurgence de la lutte féministe des années 70 serait ne pas comprendre ce phénomène dans sa globalité.

Si l'on en croit un récent rapport de l'UNICEF(1), souhaiter une meilleure représentation des femmes en politique, c'est aussi:

- s'assurer que "les organes législatifs soient plus sensibles aux préoccupations des femmes et des enfants"
- faire en sorte que "la participation des femmes à la vie politique locale ait des répercussions plus immédiates et plus directes sur les conditions de vie des femmes et des enfants "
et de manière plus surprenante encore
- de consolider les processus de paix ! Il apparaît de plus en plus clairement que la contribution des femmes est essentielle tant au succès à long terme des processus de paix qu’à la stabilité d’un pays au lendemain d’un conflit. Des études de cas permettent en effet de penser que les accords de paix, la reconstruction au lendemain des conflits et le rétablissement de l’administration ont de meilleures chances d’aboutir quand les femmes sont engagées dans ces activités, en partie parce qu’elles abordent le problème de la sécurité de manière plus globale et s’emploient à résoudre les principaux problèmes sociaux et économiques qui, sans elles, seraient négligés.

De nombreux exemples étayent ces constatations, et je vous livre un de mes préférés, en tant que "Verte":

En Inde, depuis 1998, un tiers des postes à responsabilité des conseils villageois est réservé aux femmes. Un grand travail de recherche sur l’impact de cette politique a permis d’enquêter dans 165 conseils villageois de l’État du Bengale Occidental. Cette étude a révélé que le niveau de financement des biens publics – y compris l’entretien des routes, les visites des agents de santé et les investissements dans les équipements d’approvisionnement en eau – était nettement supérieur dans les villages qui avaient adopté des politiques actives de réserve que dans ceux où il n’y avait pas de quotas.

Alors, messieurs, si vous souhaitez ne plus entendre parler de parité pendant quelques temps, je n'aurais qu'un conseil à vous donner (pour ceux qui ne le font pas déjà): proposez au peuple genevois de solutions durables qui englobent tous les acteurs de la société de manière égalitaire ; prenez en considération l'impact sur les femmes des mesures politiques qui sont prises ; proposer à tous de vivre dans une société plus solidaire...

(1) http://www.unicef.org/french/sowc07/profiles/inequality_p...

Commentaires

C'est avec beaucoup d'intérêt que je lis votre blog et vos dialogues autour de la parité. En tant que conseillère municipale, je vais m'empresser de lire, sur votre conseil, les directives de l'UNICEF, et d'essayer de les proposer au CM. Ce débat sur la parité relance les discussions et les alliances de femmes, je m'en réjouis. Surtout je vous souhaite d'être élue. Je vous félicite d'oser mettre votre futur enfant en avant, car c'est bien pour l'avenir que nous nous battons...
De tout coeur avec vous
Maryelle, membre des Femmes pour la parité (qui distribuait notre dépliant lors de la Marche des candidates)

Écrit par : Maryelle Budry | 02/10/2009

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