28/09/2009

Grossesse militante... un grand commentaire qui méritait un billet

En référence à hommelibre et son doux billet http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2009/09/28/parite-p...

 

Je remets ici quelques pensées que m’inspire votre réaction, dont mes précédents commentaires.

Tout d’abord, je ne prends pas mal votre réaction car le but de mon blog est justement de discuter des enjeux autour de la féminité et de la maternité. Alors même si nous ne sommes pas d’accord, je vous reconnais la qualité d’être constructif dans vos commentaires et ainsi de permettre un vrai dialogue.

 

Sur la parité, je serai brève, car ca n’est pas l’objet de mon commentaire. Je vous laisse consulter si vous le souhaitez mes différents billets à ce sujet. En gros résumé, je soutiens la position d’une parité « temporaire » ayant pour but d’ouvrir les esprits. Car avoir le droit de faire les choses n’équivaut pas à avoir accès à ces mêmes choses, du fait des clichés de notre société.

 

Maintenant, sur ma supposée « grossesse militante »…

 

Sincèrement, je ne ressens pas ma grossesse comme militante, peut-être simplement comme assumée. Si votre remarque vient du fameux tee-shirt « Votez Maman » que je porte sur la plupart des stands, alors je vous dirai en premier lieu que ce tee-shirt est un cadeau de mon mari, qui m'a beaucoup touché car il montre son support à mon « double-investissement ». Mais je vous dirai surtout que ce tee-shirt a le mérite de permettre d'échanger avec humour sur un sujet politique et de société.

 

J’aime dialoguer avec les femmes et les hommes qui sont amusé(e)s et/ou ému(e)s par mon ventre.

Mais j’aime aussi dialoguer avec les femmes et les hommes qui ne comprennent pas la « visibilité » de mon action. Pourquoi ? Parce que, et je l’ai remarqué depuis le début, mon statut de candidate et de femme enceinte suscite de nombreuses interrogations qui – parfois – reflètent de véritables enjeux de notre société.

 

Comment concilier un engagement politique et une grossesse ?

 

Pourquoi une femme députée cotise-t-elle à l’assurance maternité mais n’a pas le droit au congé maternité ?

 

Pourquoi est-ce que les représentants d’une haute fonction cantonale (les députés, donc), n’ont pas accès aux crèches du canton ?

 

Et si on veut être plus polémique encore, pourquoi se scandalise-t-on si une femme s’ « absente » pour s’occuper de son enfant tandis qu’on acclamera un homme qui s’absente pour son congé militaire ?

 

Alors je trouve intéressant, et pas seulement pour moi, de refléter à travers mon blog ces échanges, parfois vains, mais souvent enrichissants.

 

Donc non, je ne pense pas que montrer ma maternité n’ « évacue de vrais débats d’idées ». Je pense qu’au contraire il permet de susciter l’intérêt et de donner envie aux gens de s’interroger sur certains défauts de notre société. Et vous remarquerez en lisant mon « alter-blog » http://economieverte.blog.tdg.ch que je ne recherche pas forcément la facilité thématique dans mes rédactions.

 

Je finirai sur une note plus sérieuse, mais qui vous montrera peut-être que ce choix n’a pas été fait au hasard et qu’il reflète un engagement personnel et associatif complet.

 

Je n'ai pas choisi de mener ces deux "missions" en parallèle. Cet enfant longuement désiré est arrivé quand on ne l’attendait plus. Il est arrivé, pour être plus précise, au moment ou j’ai décidé d’aligner ma vie avec mes convictions personnelles et de laisser de côté un job hyperactif et fortement rémunéré pour m’engager dans une voie « sociale », tant dans mon activité professionnelle que politique.

 

Que faire alors… cacher ma grossesse ? renoncer à mon investissement associatif et politique ?

 

Cacher sa grossesse, c’est un acte de non-respect pour soi-même en tant que femme, mais c’est également mettre en danger son enfant. Pour prendre un autre exemple connu de politique étrangère, Sarah Palin a caché sa grossesse jusqu'a 7 mois et demi alors qu'elle était gouverneur de l'Alaska. Or si vous regardez des photos d'elle jusqu’à la date de l’annonce, il est quasiment impossible de déceler qu’elle porte un enfant. J'ai fait moi-même cette expérience : une semaine après avoir quitté mon ancien emploi, ma grossesse a commence à se voir. Alors, ayant constate l'impact physique d'une cause psychologique, oui, j'assume pleinement ma grossesse!

 

Renoncer à mon investissement associatif et politique m'aurait semblé incohérent également, puisque c’est en me donnant le temps de réaliser les projets qui me tenait à cœur que je suis tombée enceinte.

 

Reste alors la troisième voie – celle que j’ai choisie – assumer pleinement mon rôle de future maman et de candidate au Grand Conseil. Et vous voulez que je vous dise quelque chose ? C’est sans doute la première fois de ma vie que ma vie personnelle est en ligne avec mon engagement, et c’est quelque chose qui me remplit de joie.

 

Le choix des mamans: amour et haine

Une fois n'étant pas coutume, je vais introduire un peu de concurrence entre deux quotidiens romands en vous redirigeant si le coeur vous en dit vers un article du matin publié il y a quelques semaines: http://www.lematin.ch/actu/suisse/mamans-choix-169737 Celui concerne deux actuelles conseillères nationales, une d'obédience UDC et l'autre Verte, qui font deux choix radicalement opposés: l'une renonce en l'état à sa carrière politique tandis que l'autre souhaite la poursuivre.

En fait, ce qui m'intéresse au plus haut point n'est pas tant l'article que les nombreux commentaires charmants concernant deux choix opposés concernant la conciliation d'une vie de femme (de future maman dans ce cas) et de politicienne. Car en partant animer un atelier sur le Green New Deal à l'université d'été des Verts Romands ce week-end - ou j'ai pris connaissance de cet article - je me suis retrouvée confrontée à mon pire cauchemar depuis que j'ai appris que je devrai assumer en parallèle ma campagne et ma grossesse: des marques de haine.

Que penser en effet de commentaires tels que: "ces dames n'ont qu'à prendre un chien". Selon quelle loi divine y aurait-il une impossibilité de souhaiter être maman et en même temps d'avoir l'ambition de créer un meilleur avenir pour nos enfants, par la voie politique?

Certains commentaires heureusement me semblent plus judicieux et proposent une "voie du milieu" face à ce dilemne.

En ce qui me concerne, j'ai choisi de diminuer mon activité professionnelle mais de conserver mon activité politique, car elle correspond aux valeurs que je veux défendre en tant que jeune maman. Et je bénéficie du soutien de ma famille et de mon mari qui croit en mon projet, ce qui me permet d'envisager sereinement cette période passionante et compliquée. C'est une solution que je peux me permettre car je travaille depuis de nombreuses années dans l'optique de mettre de l'argent de côté pour investir dans un projet communautaire, et ca n'est malheureusement pas une option pour toutes les femmes.

Pourquoi ne pas considérer le couple/la famille comme une équipe et distribuer les tâches à réaliser en fonction des goûts et des possibilités de chacun? Pourquoi continuer à considérer de nos jours que la charge d'un enfant incombe seulement à la mère?

...Je suis pour l'établissement d'une véritable égalité et pour donner aux hommes plus de droits - et donc plus de devoirs - par rapport à nos enfants...

27/09/2009

Marche des femmes au Grand Conseil

Pour en savoir plus sur la marche des femmes au Grand Conseil...

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000#channel=...

ou encore

http://hannetons.blog.tdg.ch/archive/2009/09/27/les-femes...

J'ai eu quant à moi un grand plaisir à défiler et échanger avec les candidates - et les candidats - qui étaient venus exprimer leur attachement au chemin vers la parité...

24/09/2009

Promotion des femmes: plus de femmes dans les conseils d'administration

Une des mesures qui pourrait stimuler la présence des femmes dans les conseils d'administration serait d'y interdir le cumul de mandats. Cette mesure permettrait d'éviter que quelques têtes connues ne "squattent" l'intégralité des conseils d'administration et introduirait une plus grande diversité dans tous les domaines: classe d'âge, origine, genre... C'est vers cette proposition que va ma préférence.

Une autre mesure possible serait d'introduire des quotas de femmes dans les conseils d'administration mais cette mesure pourrait s'avérer plus restrictive sur la diversité et surtout, elle aurait l'inconvénient de faire "repartir au combat" celles et ceux qui pensent que la mixité dans les plus hautes instances n'a pas besoin de mesures directives et que "les choses s'amélioreront au fil du temps".

Mais au fond pourriez-vous me dire: pourquoi vouloir plus de femmes dans les conseils d'administration?

Le premier argument est d'ordre économique. Ainsi, s’engager pour faire reconnaître les compétences des femmes dans les entreprises, c’est non seulement faire progresser la cause des femmes mais également engager les entreprises dans une voie sociale et économique viable. Des études récentes démontrent que le nombre de femmes présentes dans les conseils d’administration a un impact positif sur la performance des entreprises !

De plus, avoir des femmes médiatisées dans les conseils d'administration permettront de trouver de nouveaux modèles pour les femmes cadres au sein des entreprises... Et dieu sait que ces modèles de femmes épanouies, évoluant dans les plus hautes arcanes sont de nos jours bien trop rare.

En ce qui me concerne, même si les mesures autoritaires n'auraient pas par défaut ma préférence, je me rends compte que sans un "coup de pouce du destin", les clichés mettront bien trop de temps à changer. Ainsi, les quotas comme la parité sont une solution honorable de transition vers un monde plus égalitaire.

 

23/09/2009

Pour des salaires égaux...

L'égalité des hommes et des femmes dans le domaine économique, c'est non seulement un meilleur accès à l'emploi pour les femmes mais également au sein de l'entreprise,

Sur l'égalité salariale, de nombreuses pistes existent pour améliorer la situation existante. Il est notamment essentiel de s'assurer que les femmes (et les hommes) puissent "rapporter" les cas de discrimination les plus notoires.

Mais le calcul suivant, simple à faire, permet deja de casser des cliches dans ce domaine: un argument souvent avancé par les employeurs pour une différence salariale entre les hommes et les femmes est celui de la maternite. Premier écueuil dans ce raisonnement simpliste: toutes les femmes ne souhaitent pas avoir des enfants et inversement, certains hommes seraient ravis de s'impliquer plus dans l'éducation de leurs enfants. Mais partons d'une hypothèse simple: une femme entre 20 et 35 ans aura en moyenne 2 enfants. Quel est alors la "différence de coût" pour l'employeur??? A vos crayons:

Imaginons que cette femme s'absente 6 mois (4 mois de congé maternité + 2 mois de congé pathologique). L'absence constatée serait alors de 1 an.

Faisons le même calcul pour un homme, et là, surprise !! ;) ce même homme doit aller à l'armée (en majorité toujours) pour un total de 260 à 300 jours en fonction des options prises !

Bien sûr, ce calcul est un peu simplifié, mais je le trouve intellectuellement intéressant. Les deux actions étant des "services rendus a la communaute", ne devraient-ils pas être jugés de manière similaire??

Envie d'en savoir plus?

Visiter le site http://www.equal-salary.ch également présent sur facebook: Be an equal-salary ambassador!!

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