23/09/2009

Candidate au Grand Conseil et Future Maman

M'engager pour une économie verte et durable est ce qui a motivé mon engagement politique. Mais les circonstances de la vie ont fait qu'un autre thème est devenu cher à mes yeux. Ainsi, deux grandes échéances m’attendent pour le mois d’Octobre.

La première, ce sont les élections cantonales du 11 Octobre où je me présente. La deuxième, plus personnelle, c’est l’attente d’un heureux évènement pour le 24 Octobre.

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Bien sûr, cette double échéance a quelques contraintes, plutôt pragmatiques.  Quid par exemple des chaises disponibles sur les stands afin que la future maman puisse se reposer entre deux joutes verbales?

Mais plus fondamentalement, mon apparente grossesse suscite de nombreuses réactions de surprise ou de questionnement. Je dirais qu’en majorité, les personnes que je rencontre ont un élan de sympathie envers moi.

Mais j’ai pu observer d’autres réactions - plus ambigües - à mon ambition de conjuguer ces deux évènements majeurs de ma vie. Et bien sûr, beaucoup de préjugés apparaissent dans les discours apparemment bienveillants.

“Vous ne serez pas déçue si vous n’êtes pas élue car vous aurez bientôt un rôle à plein temps pour la vie”

Soyons clairs, ce bébé a été chèrement attendu et représente une grande joie pour moi. Mais devrais-je alors considérer que l’engagement politique que j’ai construit ces dernières années devrait s’arrêter avec l’arrivée de mon premier enfant? Je ne le pense pas.

Je vous dirai même que pour moi, s’engager en politique pour l’amélioration de notre société n’est pas incompatible avec l’envie de donner la vie et de construire à mon enfant la meilleure vie possible.

“Mais comment allez-vous faire pour vous occuper de votre enfant?”

Et bien… sans doute comme toutes les mamans actives ! En gérant mon emploi du temps en fonction de mes contraintes politiques, professionnelles et familiales. En plaçant mes priorités. Et oui, peut-être, en faisant quelques sacrifices de temps en temps, mais je ne serai ni la première ni la dernière à devoir les faire.

J’ajouterai que si mon parti, les Verts, promeuvent le principe de “subsidiarité”, alors je commencerai par appliquer ce principe à ma famille! Si les séances du Grand Conseil sont en soirée, alors je serai nounou de jour et politicienne le soir.

Car ce qui me surprend sans doute le plus dans toutes ces discussions, c’est l’absence de cette question-ci, que l’on pourrait de mille manières:

“Et le papa dans tout çà?”

Oui, le papa a un rôle. Il a un rôle car il a soutenu mon engagement politique. Il a un rôle car il deviendra le 24 Octobre un parent au même titre que moi. Il a un rôle car lui aussi peut être amené à s’interroger sur son planning et le temps qu’il pourra consacrer à son enfant.

De nos jours, beaucoup de projets ne pourraient se réaliser sans une complémentarité sincère au sein d’un couple et plus tard d’une famille.

Lorsque j’ai posé la question à de nombreuses femmes sur la manière dont elles avaient pu conjuguer leur vie familiale et leur engagement, j’ai bien souvent eu cette réponse: “avant toutes choses, j’ai un mari extraordinaire”.

Oui, c’est “extraordinaire” de nos jours de trouver un homme qui s’affranchisse des préjugés et qui adapte son mode de vie aux projets de sa famille.

C’est dommage que la société ne comprenne pas celà. C’est dommage que le temps partiel pour les hommes ne soit pas plus fréquent. C’est dommage que de nos jours on s’interroge encore sur la possibilité pour une femme politique d’être aussi maman et même une bonne maman.

Alors je vous dis une chose: si je suis élue au Grand Conseil, ce que j’espère du fond de mon coeur, je défendrai l’égalité des hommes et des femmes. Cela impliquera de revaloriser le travail des femmes bien sûr, mais également de revaloriser le rôle de l’homme en tant que parent.

Pour que les femmes ET les hommes puissent mener à bien leur carrière tout en préservant leur équilibre familial…

Pour en savoir plus sur moi: http://aurorebui.net

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